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Qui a empoisonné Betty Lenox ?

La piste Jacques Valère

Jacques vit sur son voilier et pratique également la moto. Il pourrait être responsable d'une collision avec un autre motard.

Sa responsabilité exacte demeure difficile à établir dans une autre affaire: il aurait vendu un Compacteur infecté par le virus Fenêtres et contaminé l'acquéreur.

Betty souffre de l’absence de Jacques. Elle se sent abandonnée chaque fois qu’il repart en mer. Betty s’enfonce progressivement dans une spirale de fatigue, de fêtes et de dérives chimiques. Elle tente d’attirer son attention, de provoquer une réaction émotionnelle. Une nuit, elle absorbe une dose excessive de Gardénal.

Sa vie oscille désormais entre ménages, nuits agitées, clubs et errance affective. Elle fréquente le Platinum puis le Red Diamond où elle devient une danseuse reconnue. L’argent afflue soudainement et Betty découvre une forme de pouvoir qu’elle n’avait jamais connue auparavant, mais quelque chose s’est brisé.

Jacques observe cette transformation avec inquiétude et jalousie. Plusieurs témoins décrivent un homme silencieux, possessif, incapable d’exprimer clairement ses émotions.

Jules envisage alors une hypothèse plus sombre: Jacques aurait pu empoisonner Betty dans un mélange de colère, de peur de la perdre et de ressentiment amoureux.

Jules: Betty était votre petite amie?

Jacques Valère n'est pas coupable.

Betty: je suis empoisonnée par Jacques

Je nettoie pour empêcher le monde de se décomposer. Les gens croient que je fais des ménages mais ils ne comprennent rien. Je maintiens les choses ensemble. La poussière revient chaque jour. Les humains aussi reviennent toujours à leur saleté naturelle, moi je ralentis le processus.

Jacques m’observe parfois pendant que je travaille avec cette drôle d’expression concentrée qu’il prend lorsqu’il croit découvrir une vérité importante. Cela me fait sourire. Il pense voir de la beauté dans mes gestes alors qu’en réalité je suis seulement fatiguée et pressée de finir avant que la chaleur ne me coupe les jambes.

Mais j’aime sa manière de me regarder. Avec Jacques, tout est calme, le bateau, le sel, la coque qui cogne doucement contre le pont, le bruit de l’eau la nuit.

Je m’imagine déjà vieille avec lui, une petite maison, des enfants, des repas simples, le bonheur minuscule des gens qui n’attendent plus grand-chose du monde.

Puis quelque chose se dérègle. Je commence à avoir peur lorsqu’il repart en mer. Peur qu’il ne revienne pas, peur qu’il découvre ailleurs une femme plus douce, moins compliquée, moins triste.

Alors je fais la fête. Je prends des cachets. Je danse trop longtemps. Je rentre tard. Je voudrais qu’il me retienne. Mais Jacques appartient à cette espèce d’hommes silencieux qui pensent aimer très fort simplement parce qu’ils restent dans la même pièce que vous. Moi, j’ai besoin de mots.

Un soir, je lui dis que je déprime, qu’il ne me regarde plus vraiment, que je me détruis un peu à cause de lui. Ce n’est pas entièrement vrai, mais ce n’est pas complètement faux non plus. Il baisse les yeux comme toujours. Il ne sait pas quoi répondre. Alors le silence revient encore.

Plus tard, seule dans la chambre, j’avale les comprimés. Trop, je le comprends immédiatement. Le Gardénal descend lentement dans mon ventre avec une douceur effrayante. Mon corps devient lourd. Mes pensées glissent les unes sur les autres comme des assiettes mouillées. Je pourrais encore appeler Jacques. Il suffirait d’un mot.

Je veux savoir si quelqu’un viendra me sauver sans que j’aie besoin de le demander. Alors j’attends. Le plafond commence à flotter. Je sens déjà le poison ralentir mon cœur comme une main tiède posée dessus.

Et malgré tout, même maintenant, même au bord du sommeil noir, je continue de penser exactement la même chose: il suffirait qu’il me dise qu’il m’aime.

Betty: je suis empoisonné par Jacques

Je nettoie pour empêcher le monde de se décomposer. Les gens croient que je fais des ménages mais ils ne comprennent rien. Je maintiens les choses ensemble. La poussière revient chaque jour. Les humains aussi reviennent toujours à leur saleté naturelle, moi je ralentis le processus.

Jacques m’observe parfois pendant que je travaille avec cette drôle d’expression concentrée qu’il prend lorsqu’il croit découvrir une vérité importante. Cela me fait sourire. Il pense voir de la beauté dans mes gestes alors qu’en réalité je suis seulement fatiguée et pressée de finir avant que la chaleur ne me coupe les jambes.

Mais j’aime sa manière de me regarder. Avec Jacques, tout est calme, le bateau, le sel, la coque qui cogne doucement contre le pont, le bruit de l’eau la nuit.

Je m’imagine déjà vieille avec lui, une petite maison, des enfants, des repas simples, le bonheur minuscule des gens qui n’attendent plus grand-chose du monde.

Puis quelque chose se dérègle. Je commence à avoir peur lorsqu’il repart en mer. Peur qu’il ne revienne pas, peur qu’il découvre ailleurs une femme plus douce, moins compliquée, moins triste.

Alors je fais la fête. Je prends des cachets. Je danse trop longtemps. Je rentre tard. Je voudrais qu’il me retienne. Mais Jacques appartient à cette espèce d’hommes silencieux qui pensent aimer très fort simplement parce qu’ils restent dans la même pièce que vous. Moi, j’ai besoin de mots.

Un soir, je lui dis que je déprime, qu’il ne me regarde plus vraiment, que je me détruis un peu à cause de lui. Ce n’est pas entièrement vrai, mais ce n’est pas complètement faux non plus. Il baisse les yeux comme toujours. Il ne sait pas quoi répondre. Alors le silence revient encore.

Plus tard, seule dans la chambre, j’avale les comprimés. Trop, je le comprends immédiatement. Le Gardénal descend lentement dans mon ventre avec une douceur effrayante. Mon corps devient lourd. Mes pensées glissent les unes sur les autres comme des assiettes mouillées. Je pourrais encore appeler Jacques. Il suffirait d’un mot.

Je veux savoir si quelqu’un viendra me sauver sans que j’aie besoin de le demander. Alors j’attends. Le plafond commence à flotter. Je sens déjà le poison ralentir mon cœur comme une main tiède posée dessus.

Et malgré tout, même maintenant, même au bord du sommeil noir, je continue de penser exactement la même chose: il suffirait qu’il me dise qu’il m’aime.

Jules : Betty et Jacques

Jacques n'a pas le profil d'un empoisonneur. Il tient à sa Betty. Mais ...

Jules doit rendre une conclusion. Il est cependant sollicité par Christine Legall.

Le verdict de Jules

Jacques Valère a peut-être empoisonné Betty Lenox. Jules ne tranche pas.

Revenir aux trois suspects

Poursuivre avec Ève Legall