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Qui a décapité Adam Legall ?

La piste John Pyne

Pour se débarasser des subordonnés improductifs John Pyne utilise son tueur Milton Fleet. Si la décapitation fait partie des privilèges du maître de ChronoEmpire, le corps du condamné n'est pas enfoui dans le sable d'une plage. ChronoEmpire respecte des règles d'hygiène.

Ariana aurait été désactivée par John. John disposait des accès nécessaires. Procédure distante documentée. Acte légal ou abus de pouvoir?

Le voilier de Jacques aurait été percuté. Le yacht n’a pas dévié. Impact frontal. Indifférence de John.

Jugé par ChronoEmpire, Adam aurait été condamné. Décision unilatérale. Application immédiate. Aucune possibilité de défense. Procédure administrative létale. Sentence appliquée. Guillotine. Le maître de ChronoEmpire dispose de ce pouvoir discrétionnaire d'éliminer qui bon lui semble. ChronoEmpire n'est pas tenu de rendre publiques ses décisions.

Adam Legall est décapité sur ordre de John Pyne

La cellule sent le métal humide et le désinfectant, même la prison est propre chez John Pyne. Il ne supporte pas la contamination humaine. Tout doit être filtré: l’air, l’eau, les informations, les émotions. Au fond, je crois que John ne rêve pas réellement de gouverner les hommes. Il rêve simplement d’un monde où ils auraient déjà disparu.

On m’a laissé ma soutane. Geste élégant, théâtral surtout, les puissants adorent offrir des symboles aux gens qu’ils s’apprêtent à détruire. Cela leur donne l’impression de pratiquer une forme supérieure de civilisation. Je sais ce que racontent désormais les journaux: le pasteur Adam Legall, le mari pieux, le meurtrier, l’homme qui aurait noyé son épouse dans une baignoire après l’avoir droguée avec des tranquillisants.

On prétend aussi que j’ai tenté de détourner les soupçons vers Élise. Je connais la violence des rumeurs. C’est peut-être cela qui me terrifie le plus. Je revois Ève dans la salle de bains. Ses yeux noyés de fatigue. Sa colère immense contre le monde entier. Contre moi. Contre les androïdes surtout.

Ai-je voulu sa mort? La question tourne dans ma tête depuis des semaines comme un insecte prisonnier derrière mon front. Je l’ai noyée? Je ne sais plus. J’étais épuisé.

Les gardes viennent me chercher. Tout est automatisé, portes, ascenseurs, contrôles biométriques, même l’exécution ressemble à un service premium. La salle de mise à mort est presque belle: marbre noir, lumière blanche, silence parfait.

Au centre attend la machine. John aurait pu choisir l’injection, l’asphyxie ou l’effacement neuronal, mais non, il lui fallait un symbole ancien. Les tyrans technologiques adorent recycler les barbaries historiques comme des objets de collection. Je m’agenouille.

Un technicien ajuste calmement la lunette cervicale avec la précision d’un coiffeur de luxe. Puis j’aperçois John derrière une vitre. Il me regarde comme un homme contemple un problème administratif sur le point d’être résolu. Je comprends soudain ce qui le rapproche le plus de Dieu: ce n’est pas sa puissance, c’est son absence totale de doute.

La lame se libère. Pendant une fraction de seconde infiniment pure, je pense à Ève, puis plus rien.

John Pyne fait décapiter Adam Legall

"Tout coupable d'assassinat et d'empoisonnement sera puni de mort." Dura lex sed lex: la loi est dure, mais c’est la loi.

J’exerce mes pouvoirs avec délectation. Après GoodGold, je suis seul à décider de la justice. Ils prétendent vouloir être libres alors qu’ils ont surtout besoin d’un maître pour les punir. Je suis celui qui récompense et celui qui sanctionne. La plupart des Sapiens ne méritent même pas d’exister. Je ne leur accorde pas davantage le droit de respirer le même air que le mien, cet air filtré qui circule dans les conduits d’une machinerie complexe. Ils demeurent cette masse inefficace et organique que je maintiens à distance.

Mes invités ne vont pas tarder à arriver et je dois encore régler un dossier avant les festivités. Il s’agit d’un homme coupable d’un meurtre particulièrement odieux. Adam Legall a noyé son épouse dans une baignoire après l’avoir droguée avec des tranquillisants. Ensuite, il a tenté de présenter le crime comme un suicide. Lorsque cette version est devenue peu crédible, il a cherché à faire porter les soupçons sur sa maîtresse, une certaine Élise. Une femme instable. Une coupable idéale. Le temps me manque pour étudier ce dossier en détail, mais je dispose des outils nécessaires pour statuer rapidement.

La procédure est simple. Selon le premier principe, le meurtre emporte la peine de mort lorsqu’il a précédé, accompagné ou suivi un autre crime. Selon le second principe, tout condamné à mort aura la tête tranchée.

La condamnation d’Adam Legall à la guillotine est donc validée et s’il fallait encore justifier cette décision, je pourrais aisément trouver d’autres motifs de condamnation.

Le verdict de Jules

John a fait décapiter Adam Legall.

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