Grains à moudre
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La maison des Gurithe! . ! . ! . !

1 La maison et ses habitants! . ! . ! . !

La maison des Gurithe! . ! . ! . !

Chloe Gurithe! . ! . ! . !

L'école a toujours été ma grande passion. Il fallait bien qu'il y en ait une dans la famille. C'est comme ça, j'ai toujours aimé travailler en cours et je suis toujours revenue de l'école avec des bonnes notes. Tout l'opposé de ma sœur. Chacune sa spécialité. Moi ma grande passion c'est de faire des expériences de chimie. Je me suis fait mon laboratoire dans une petite pièce derrière la salle de bains. Même cela ma sœur ne l'a pas respecté. Je sais qu’elle a fouillé dans mes tiroirs.
Elle croyait qu'elle allait trouver des amphétamines pour s’envoyer en l’air. Depuis Papa a posé une serrure sur la porte de mon laboratoire. Je sais qu’elle espionne tout ce que je fais, mais moi je sais ce qui se passe dans sa chambre. On dirait qu'elle le fait exprès. Cela ne m'intéresse pas, mais je ne peux pas éviter de l'entendre, même avec la salle de bains entre nos deux chambres. Sa musique est toujours à fonds. Elle aime quand ça fait du bruit.
Il y a des garçons qui sont montés avec elle. Elle ne savait pas que je n'avais pas cours cet après-midi-là et j'ai tout entendu. J'ai entrouvert ma porte et j'ai compris qu'il n'y avait pas un seul garçon mais deux. Ils ont commencé par discuter avec des grands rires et puis je n'ai rien entendu pendant un moment. Ils ont sûrement fumé de l'herbe cela sentait encore le lendemain dans le couloir. Ensuite ils se sont mis à pousser des gémissements tous les trois et il n'était pas difficile de comprendre ce qu'ils étaient en train de faire.
Chaque fois qu'elle sait que Maman est sortie, Christine en profite. La fois où elle a fait venir ces garçons elle croyait que moi aussi je n'étais pas là, mais de toutes façons ça lui est bien égal. Elle fait exprès de me provoquer. Son truc favori c'est de tortiller son cul et de me défier quand elle me croise dans le couloir. Elle aime bien aussi me montrer des petits paquets et les renifler en me regardant et en se moquant. Si elle croit que je ne sais pas ce que c'est ! Ça sent suffisamment fort dans sa chambre. Je sais bien que ça coûte cher et je suis certaine qu'elle vole de l'argent dans le sac de Maman.
Mon père n'est pas vraiment présent. Je préfère quand il est sévère et je crois bien que c'est pareil pour ma sœur. On a plutôt l'impression qu'il est là uniquement par obligation et que sa vraie vie est ailleurs. Avec Maman il semble avoir toujours la même attitude, mais on sent bien que ce n'est plus comme avant. Il emploie toujours les mêmes mots, "Ma chérie", "Mon amour", mais c'est juste par habitude, juste pour nous faire croire que tout est comme avant.
Pour Maman il semble bien que ce soit du pareil au même. Elle aussi elle a trouvé son petit paradis sur terre, elle avale ses pilules de toutes les couleurs et elle reste vautrée dans son fauteuil. Elle est de moins en moins souvent dans la cuisine ou dans le jardin. Au niveau gastronomie on n’est pas vraiment gâtés, on mange surtout ce qui figure dans le catalogue du livreur de plats surgelés.

Salle de Bains! . ! . ! . !

C'est un no man's land, c'est la bande de Gaza. On y rentre en chantant "Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine". Deux cultures s'affrontent pour partager ces quelques mètres carrés. Pour Christine la salle de bains est le lieu où s'élaborent les savants cocktails qui vont lui permettre d'élaborer les pièges d'une séduction qu'elle destine à la gent masculine et qui lui permettent de gagner des points dans le classement qui s'élabore chez ses copines et dont sa sœur est par avance exclue.
Pour Chloé le problème est d'accéder à un lieu dont sa sœur veut disposer à son gré. Une variété considérable de produits encombre les étagères de Christine tandis que le dispositif de Chloé est uniquement destiné à l'hygiène.

ChristineGurithe! . ! . ! . !

C'est moi l'aînée, c'est à moi de montrer l'exemple ! C'est avec cette phrase que les parents n'arrêtent pas de me rebattre les oreilles. Dans notre belle communauté religieuse je suis l'exemple même de ce que l'on peut appeler un échec. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir eu toutes les conditions pour devenir le produit réussi de la serre familiale. Je ne me suis pas coulée dans le moule. J'ai conduit mon existence en dehors des clous entre lesquels on voulait me faire avancer. Tout l'opposé de ma petite sœur !
Elle me gonfle la petite fille modèle ! Elle n'arrête pas de me surveiller cette petite conne ! Chaque fois que j'ai besoin de faire un petit emprunt à la banque je la retrouve dans mes pattes. Si elle croit que je n'ai pas remarqué son manège ! Oui je pique des sous dans le sac de ma mère, et alors ? À part s'envoyer en l'air avec des cachetons, je ne vois pas trop ce qu'elle a comme but dans l'existence mon illuminée de mère. Toujours prête à sortir son prêchi-prêcha, mais complètement barrée dans les étoiles ma génitrice. Pour ce qui concerne son seigneur et maître notre guide à tous, il y a longtemps qu'il joue à la brebis égarée mon révérend. Il l'a perdu en chemin, le Seigneur son Dieu ! Il sait que je sais, mais ça reste entre nous. Nous avons nos petits accords avec le paternel. Je ne dis rien sur ses cinq à sept, il ne dit rien sur mes petits emprunts à la banque. De toutes façons sa petite affaire marche, à croire que la crucifixion est un bon filon. Pas de problèmes de fin de mois pour nos paroissiens ! De toutes façons il s'en fout. Il a la première de la classe pour compenser et il se doute bien bien que pour moi l'eau bénie c'est terminé.
J'ai trouvé des cocktails plus relevés pour jouer à la poupée. Mais oui Papa, c'est moi qui fais la poupée quand on s'est un peu poudré le pif avec mes amis. Je vois bien qu’il prend son air contrit. Je l’entends bien qui me cite en exemple ma petite fille modèle de sœur. Et alors ? Où est le problème ? Entre ta femme qui s'est transformée en mollusque sur canapé et ta fille qui s'envoie en l'air avec tout ce qu'elle peut se fourrer dans le pif ou ailleurs, il a trouvé une issue mon Papa ! Ta famille tu te l'es organisée à ta manière, mon cher guide spirituel, tu te l'es mis de côté ton petit ange personnel. Tu as décidé de ne pas attendre la fin des temps pour tester le goût du Paradis mon Papa chéri. Elle s'éclate vraiment l'autre demeurée avec ses équations et ses tubes à essai ? Elle ne serait pas un peu coincée quelque part mon idiote de sœur ? Elle m'énerve avec ses lèvres pincées et ses airs de sainte nitouche. Elle croit que c'est comme ça qu'elle va intéresser les garçons ? Tiens regarde petite conne, regarde ma bouche toute pulpeuse et regarde comme il se trémousse mon petit cul. Va réviser tes maths pauvre conne, mon petit cul et moi on a autre chose à faire ! Moi mon truc ce sont les fringues. Surtout après une petite ligne de coke.
Ces derniers temps il y a un cauchemar qui me revient fréquemment. Je suis agenouillée devant la baignoire où ma mère prend son bain. Elle est assoupie et elle émet un léger ronflement. Quand je me réveille le corps de ma mère a glissé dans l'eau savonneuse. Ma mère ne ronfle plus et je vois sa bouche immergée dans l'eau. Je reste un moment assis sur le carrelage de la salle de bains, la tête entre les mains avec dans la tête cet air de musique électro que j’ai écouté toute la journée. Je perds la conscience du temps qui passe. Je sors de la salle de bains. Je voudrais seulement échapper au mal de tête qui me vrille le crâne. Quelque chose de grave vient d'arriver, mais je suis vraiment shootée et pour un temps encore à l'abri du réel.

SebastienGurithe! . ! . ! . !

J’utilise la table de la salle à manger pour préparer mes sermons. Aujourd’hui j’ai enfoui ma tête dans mes mains et j’affronte mon désespoir. Je suis un pécheur et je demande au Seigneur qu'il me pardonne. Nul ne peut comprendre combien est grande ma douleur, ni combien je me sens coupable. Je ne peux partager avec personne le poids de cette souffrance. Je suis coupable d'avoir laissé venir à moi cette pécheresse. Comment aurais-je pu résister à la douceur de son regard, à son sourire si doux et à l'accueil de ses bras ? Aujourd'hui je suis un paria dans mon église et je suis un étranger dans ma famille parce que j'ai pêché.

EveGurithe! . ! . ! . !

Le jardin est à l’abandon. La haie est envahie par les ronces et dans le fouillis végétal il est devenu difficile de reconnaître les plantes que j’avais disposé avec un soin infini, il y a longtemps déjà. Je ne parviens même pas à franchir le seuil de la maison pour rejoindre la cabane du jardin. Me saisir d’un outil et m’activer à gratter la terre est un plaisir qui appartient au passé. Dans toute ma personne je ressens une incapacité à me prendre en charge et à me mouvoir. Cela commence dès le matin avec ce chagrin qui me ronge, une vacuité, la conscience d’un jour qui s’annonce sans perspectives.
Pendant un temps j’ai subi son indifférence et j’ai cru avoir atteint le pire. Ce que je perçois aujourd’hui de sa part est d’une autre nature, guère plus douloureux mais plus précis : il me déteste. Je suis devenue cet accessoire encombrant auprès duquel il vient s’étendre, un corps qu’il utilise parfois sans le gratifier de la plus infime marque d’affection.
Les filles ne sont pas plus généreuses à mon égard. Elles laissent émerger une condescendance pour une mère qui néglige sa tenue et son tour de taille. Je reste plantée sur le seuil face au jardin. Je reste un instant dans une attente. Mes bras s’ouvrent et j’avance. Je viens me blottir contre lui et je sens ses mains qui caressent mon dos et qui descendent un peu plus bas. Ma poitrine est pressée tout contre lui et mon cœur bat plus fort. Je sens son souffle. Je sens ses lèvres qui viennent effleurer mon cou.
Hélas ! De cet amour il ne me reste rien d’autre que la certitude de l’absence. C’est une douleur qui vient se loger au creux de mon ventre, la peine de l’insignifiance qui est attribuée à tout mon être. Je reste encore un instant à contempler ce jardin en friches. Je n’ai rien à y faire.
Il y a maintenant de plus en plus de mauvaises herbes dans les allées. Avant je jardinais avant l'arrivée des enfants de l'école. Cette période est terminée, je ne m’intéresse vraiment plus à la question et d'ailleurs plus rien ne m’intéresse vraiment.

La chambre des parents! . ! . ! . !

Le seul moment où je me sens parfaitement détendue c'est quand je suis dans mon bain. Je prends deux cachets, je m'allonge et là j'oublie mes problèmes. C'est bizarre cette impression diffuse. Après mon bain je me sens apaisée. Je me demande parfois pourquoi Sebastien rentre toujours aussi tard. Il me dit qu'il a été retenu car il devait aider un de nos paroissiens à résoudre un problème, ou bien il me dit qu'il s'est attardé dans une discussion sur un passage de la Bible. Je sais que je ne dois pas mettre sa parole en doute, mais c'est plus fort que moi, je sens bien qu'il se sent obligé de me fournir des explications.

2 L'église! . ! . ! . !

Eglise! . ! . ! . !

Les fidèles! . ! . ! . !

Ils sont venus, ils sont tous là. Ce rassemblement à la sortie de l'église est une tradition qu'aucune des personnes présentes ne voudrait manquer. Chaque dimanche la sortie du culte est toujours ce moment privilégié pour des retrouvailles hebdomadaires après une semaine consacrée au travail et aux dures réalités du quotidien. Les hommes sont vêtus de costumes noirs ou gris et les femmes sont parées de leurs robes du dimanche. Ils sont tous rassemblés dans cette belle communauté qui a repris ses cantiques à l'unisson pour témoigner d'une ardente ferveur.
Habituellement ils viennent me saluer et m’exprimer leur enthousiasme pour mon sermon. Ils marquent une plus grande réserve aujourd’hui. J’aperçois Ève entourée de ses amies qui commente les nouvelles du jour. Comme souvent, elle a un teint pâle et les yeux cernés. Ses amies viennent lui exprimer leur soutien. Un peu à l’écart mes deux filles, Chloé et Christine discutent avec des jeunes gens de leur âge. Quand cette assemblée se sera dispersée, je rejoindrai ma maison, et comme chaque dimanche je découperai sur la table de la salle à manger le poulet qui aura rôti dans le four familial. Pour l'instant la personne avec laquelle je m’entretiens c'est BéatriceBlondin, et c’est sans doute la raison pour laquelle tous les paroissiens se tiennent à l'écart.
Tandis que je livrais mes commentaires patiemment élaborés des versets de la Bible, tandis que mon esprit suivait des chemins balisés par un travail quotidien, je sentais toute ma ferveur en péril face à la beauté de ma paroissienne. Elle est toujours habillée sans grande fantaisie, et pourtant son visage, toutes les parties de son corps, viennent monopoliser mon attention et solliciter mon désir. Et plus je m'efforce de le dissimuler plus il m’apparaît évident qu'il est impossible que mon auditoire n'en prenne conscience. J’essaie de rester impassible, aucun des traits de mon visage ne permet de deviner qu’elle retient toute mon attention. Pourtant je suis sûr qu’ils ont compris et qu’ils me jugent.

La créature! . ! . ! . !

Ils sont petits et fermes. Je sais qu'ils produisent de l'effet. Son regard restait un instant comme accroché à mes deux promontoires, pour poursuivre une exploration qui le conduisait un peu plus bas tandis qu'il poursuivait ses commentaires sur un verset de la Bible. Et chacun des mots qu'il prononçait me pénétrait et me laissait dans une sorte d'extase. Bien que mon mari ne m’accompagne jamais à l’église, Sebastien sait que je suis mariée. Tous deux nous avons conscience du caractère monstrueux de notre liaison, un adultère qui est une offense d’autant plus grave qu’il est commis avec les membres de notre église pour témoins. Je sens tout le poids de la réprobation qui émane de ce groupe qui se tient à l’écart.

Le pasteur! . ! . ! . !

Dès la première fois où elle a fait son apparition dans notre église je me suis senti attiré. Ses traits délicats, son teint clair, ses yeux bleus, tout son visage m'a paru magnifique. C'est sans doute ainsi qu’Ève m'était apparue quand nous nous sommes rencontrés. Aujourd’hui Ève n’a plus rien à voir avec la femme d’autrefois. Bien sûr l'âge a produit ses effets, mais c'est surtout son mode de vie qui a eu raison de la jolie fille qu'elle a été pour laisser place à une grosse dame dépressive.
Me voici à nouveau face à l’obscur objet de mon désir. Durant mon sermon j’ai cherché en vain la force de la contrition mais je me sentais incapable d’y parvenir, j’étais incapable de détacher mon regard de ce visage, souffrant intensément de ma faiblesse.

3 Chez Greg! . ! . ! . !

! . ! . ! . !

Le café et l’église forment deux solides assises de notre culture française. Les membres ont des profils variés. La fréquentation peut être journalière ou épisodique. Certains membres de l’église considèrent le bistrot comme un lieu de perdition et certains piliers de comptoir qui ont épuisé la compassion et la patience du patron du bistrot viennent confesser leurs péchés dans le temple de Sebastien. Comme dans toute institution on retrouve sectarisme et tolérance à des degrés divers.
Je m’entends bien avec SamsungLéon. Il est amateur de messes noires et d'envoûtements. Là-dessus je le rejoins, cependant je n'aime pas trop ses théories complotistes. Sinon il est toujours partant pour me suivre dans mes délires. Chez Gregory on a pris quelques verres. Greg maîtrise l'art de combiner les parfums mais il a une façon bien à lui de vider les bouteilles pour élaborer ses cocktails. Comme il aime à le dire il est allumé dès la nuit tombée. Le résultat est complètement aléatoire. Il s'en tient pourtant à quelques fondamentaux avec une base de sucre et de rhum.
- Voilà c'est du lourd ! Ce n’est pas du sirop pour la toux !
Il y a quelque chose qui bouillonne au fonds des verres. C’est assez bon et Greg nous sert généreusement. Quand Samsung prend le volant il n'y a aucune raison pour que la voiture reste sur la route. J’aime bien l’entreprendre quand il conduit. Il est complètement à ma merci. Je vois bien qu’il ne contrôle plus rien. Lorsque je m’attaque à la ceinture de son pantalon la voiture fait quelques embardées. On traverse une zone où la carrosserie de la voiture résonne sous le choc des branchages et après une dernière embardée la voiture s’arrête sur le bord de la route. Nous nous sommes couchés sous les arbres et nous avons fait l'amour. C'est une de ces soirées où il n'y a plus de limite. Je m’angoisse déjà de me retrouver seule et je demande à Samsung de venir dormir dans ma chambre.
- Et tes parents ?
- On n’en a rien à foutre de mes parents ! Mon père est avec sa chérie et ma mère doit déjà dormir.
Samsung a garé sa voiture plus loin dans la rue, je sais qu’il est toujours inquiet de se faire repérer par les voisins qui n’aiment pas sa dégaine. Il n'est plus en état de garder la moindre cohérence, mais il a conservé quelques réflexes de prudence. Nous nous remorquons l'un l'autre jusqu'à la porte de la maison.
- Viens je vais te montrer quelque chose.
Je l’ai fait rentrer dans la salle de bains du rez-de-chaussée. ÈveGurithe s’est assoupie dans son bain et elle produit un ronflement. Son nez affleure à peine et son souffle vient rider la surface de l'eau du bain. Samsung a trouvé un nouveau jeu. Il pousse légèrement la tête d’Ève et le son des ronflements est agrémenté de nouvelles variations lorsque des bulles viennent se former à la surface de l'eau savonneuse. Je sais que c’est moche mais je n’arrive plus à m’arrêter de rigoler.
- Ah la conne ! Regarde-moi cette conne !
Je ne sais plus trop ce qui est arrivé ensuite.

4 Baignoire! . ! . ! . !

Commérages! . ! . ! . !

Les amies les plus proches d'Ève ont été les premières à commenter cette relation privilégiée de Sebastien avec l'une de ses paroissiennes. L'expression de leur compassion exprimée en dehors de la présence de la victime, comporte le constat douloureux d'un manque de fiabilité courant chez tous les hommes, mais particulièrement regrettable chez un prêtre dont la vocation est de donner sa vie en exemple. Elles sont unanimes à condamner sa faiblesse et son manquement à ses devoirs. Elles se confortent dans la résolution de ne pas trahir le secret qui pourrait aggraver davantage l'état dépressif de "cette pauvre Eve".
Avoir la certitude d'un fait sans pouvoir assurer sa divulgation en dehors d'un cercle restreint provoque cependant une frustration trop grande pour qu'elles renoncent à en faire profiter un plus grand nombre de paroissiens. C'est ainsi que la rumeur a pris de l'ampleur.

Eve est dans son bain! . ! . ! . !

Eve est dans son bain. Christine est entrée sans frapper.
- Tiens t'es encore là ? Tu ne devais pas sortir avec les copines cet après-midi ?
- Non, Véronique est malade. On a été obligées de reporter.
- C'est quoi votre délire à toutes les trois ?
- Tu le sais bien, c'est une réunion biblique. Christine s'est emparée d'un tabouret, elle vient s'asseoir près de sa mère et elle trempe une main dans la baignoire. Aujourd'hui elle se sent des ailes. La petite dose qu'elle vient de sniffer lui donne envie de s'amuser un peu. Se payer la tête de sa mère lui semble une occupation tout à fait digne de donner un peu d'intérêt à cette après-midi pluvieuse. Autant commencer fort, mais sur un mode tout à fait innocent.
- Tu sais si Papa sera là pour dîner ?
- Je crois qu'il sera à l'église, aujourd'hui c'est le groupe d'étude sur l'ancien testament comme tous les mercredis.
- Ancien testament mon cul !
- Christine, Je t'interdis !
- Tu m'interdis quoi ? Ne me dis pas que tu n'as pas des doutes sur la façon dont notre révérend occupe ses soirées ?
- Christine ! C'est vraiment insensé !
- Blonde ou brune ?
- Enfin voyons Christine ! C'est très grave de porter de telles accusations.
- Brune ! Moi je sais !
Eve semble accuser le choc. Son visage s'est incliné un peu plus bas vers les bulles qui masquent son corps. Elle semble chercher une réponse sur cette surface, puis elle se tourne vers sa fille les yeux mouillés de pleurs :
- Bien sûr je m'en doutais, mais je ne le savais pas. Pourquoi me l'as tu dis ? C'est parce que tu es méchante. Ton père ne me désire plus. Je le comprends, Je me vois telle que je suis. Mais toi, pourquoi me dis tu cela ? C'est parce que tu es méchante, je le sais !
Le ton de Eve monte encore :
- Tu es mauvaise. Tu ne penses qu'à faire le mal ! Si tu crois que je ne sais pas que tu viens voler dans mon sac. Si tu crois que je ne sais pas que tu fais rentrer des garçons dans ta chambre ! Tu me dégoûtes quand je te vois passer avec tes amies, toutes habillées comme des petites putes !
Ce n'est pas la scène que Christine attendait et elle prend la fuite sous un torrent d'invectives.
Prendre de la cocaïne ce n'est pas la meilleure voie que Christine ait jamais suivie. Cela accentue son côté bipolaire. Elle avait cru pouvoir s'offrir la tête de sa mère et la déchiqueter en pièces, Le soir même elle s’est bourré le nez avec une ligne de coke. Elle termine un cycle. C'est seulement dans l'après-midi qu'elle émerge d'un sommeil comateux.
Hier la réaction offensive de sa mère l'a surprise et elle éprouve des difficultés à retrouver son assise. Au lieu de rester prostrée sous ses révélations, sa mère s'était montrée combative. En émergeant des abysses, Christine se sent prise au dépourvu devant une réaction aussi naïve. C'est ainsi qu'elle est perçue ? Sa mère s'est exprimée simplement et Christine ne peut s'empêcher de s'interroger sur sa véritable nature. Est-ce bien ainsi que l'on peut faire un résumé de sa personne : méchante ?
Dans les jours qui ont suivi le niveau sonore en provenance de la chambre de Christine est resté inférieur de quelques décibels au niveau habituel. Du côté de la chambre de sa mère, les manifestations d'une présence humaine sont devenues plus ténues encore qu'elles ne l'étaient déjà. Il semble qu'après avoir pu vivre dans une demi-vérité, la révélation brutale de la situation réelle dans laquelle se trouvait son couple l'a totalement anéantie. Elle semble mettre toute son application à ne plus être vraiment présente à ce monde. Les rares fois où elle laisse entendre le son de sa voix c'est pour exprimer son désir de voir tout un chacun heureux. Elle semble se complaire dans ces formules abstraites où elle exprime son désir de voir respecter la volonté divine dans la réalisation de dessins qui permettront à tous d'atteindre le bonheur. Elle ne fait pas figurer sa propre personne dans ces vastes dessins.
Chloé a pris la direction des tâches domestiques. Christine fait quelques apparitions aux heures de repas, mais le plus souvent elle vient se servir dans le frigidaire et elle rapatrie son butin dans sa chambre. Elle persiste dans une stratégie de repli.
Le père semble suivre avec détermination une démarche dans laquelle les commandements de sa religion sont de ne rien voir, ne rien entendre et de ne rien dire. Il réussit tout de même de temps à autre à placer une bénédiction en début de repas ou une invocation de la miséricorde divine en réponse aux grossièretés de Christine. Mais une fois quelques paroles convenues prononcées il s'éclipse. De cette vie de famille réduite à un état moribond, Chloé est la seule à souffrir et à exprimer son désaccord.

5 Recherhce d'un indice! . ! . ! . !

La maison des Gurithe! . ! . ! . !

Chambre de Chloé! . ! . ! . !

Il sonne et Christine vient lui ouvrir comme prévu. Elle ne paraît pas plus préoccupée par la politesse que la veille. Elle porte un jean constellé de trous et un tee-shirt qui porte un slogan sans ambiguïté : Fuck you !
Elle le précède dans l'escalier avec un mouvement des hanches qui est le fruit d'un long travail. Jules est vivement impressionné, mais il reste concentré sur l'enquête. À un moment elle se retourne vers lui et son attitude exprime quelque chose comme :
- Le spectacle vous plaît ?
Jules découvre la chambre de Chloé parfaitement rangée. Il y a une pile de dossiers parfaitement alignés sur le coin d’une table. Dans la pile de dossiers Jules découvre des documents concernant des médicaments destinées à soigner la dépression.

Salle de bains! . ! . ! . !

Dans la salle de bains Jules renifle le contenu de quelques flacons. Il prélève quelques échantillons dans les minuscules flacons qu'il avait prévu à cet effet.
Sur l'un des murs de la salle de bains les étagères sont encombrées de produits de beauté en tous genres. Une seule étagère sur le mur opposé qui ne comporte que le minimum indispensable pour la toilette.
- Là c'est le coin de la sorcière.
Jules ne fait pas de commentaires. Il ouvre des flacons et il renifle quelques odeurs.
- Alors ? Vous avez trouvé ? C'est elle n'est-ce pas ?
- Non, je ne trouve là rien qui puisse me faire progresser. Il faudrait m'en dire davantage.

Chambrembre de Christine! . ! . ! . !

Christine ouvre rapidement la porte de sa chambre. Jules a à peine le temps d’apercevoir un amoncellement d'objets et de vêtements.
- Ne faites pas attention au bordel !

Salle à manger! . ! . ! . !

Jules a aperçu un Compacteur sur une étagère.
- C’est l’ordinateur de votre père ?
- Oui, c’est à mon père. Il a effacé toutes ses données pour que je puisse m’en servir mais il est complètement obsolète.
- Vous ne voyez pas d’inconvénient à ce que je le prenne pour l’examiner ?
- Allez-y ! Mon Compacteur est bien plus puissant que celui-là. Mais si vous voulez retrouver des fichiers sur le disque dur cela va être difficile. Si vous voulez j’ai un ami qui sait récupérer les fichiers cachés.

Entrée! . ! . ! . !

Dans l'entrée ?

Chambre des parents! . ! . ! . !

Une salle de bains est attenante à la chambre.
- C'est donc ici que votre mère a mis fin à ses jours ?
Pure provocation qui entraîne la réaction attendue :
- Maman ne s'est pas suicidée, ma sœur l'a tuée.

6 Myriam est dans son bain! . ! . ! . !

! . ! . ! . !

C’est le pasteur qui a appelé la Gendarmerie. Le SAMU en voit de toutes sortes mais une noyade dans une baignoire est un événement inhabituel. Les pompiers interviennent pour extraire le corps de la baignoire. L’opération est difficile, le corps obèse d’Ève Gurithe est lourd et enduit de savon. Ils ne savent pas comment l’agripper pour l’extraire de la baignoire. Les deux filles observent la scène sur le pas de la porte de la salle de bains. Sebastien est resté prostré dans un fauteuil du salon. Il donne à Jules sa version de la cause du décès : son épouse dépressive a perdu connaissance sous l’effet des médicaments dont elle abuse et elle s’est noyée. Un examen rapide du buffet de la salle de bains a révélé un nombre considérable de tranquillisants. Cette insistance à affirmer qu’il s’agit d’un suicide et cette surabondance de produits tranquillisants ont alerté Jules Compacteur. SebastienGurithe va devoir répondre à quelques questions.

Son territoire! . ! . ! . !

Ils sont parvenus dans un quartier où elle semble avoir ses repères. Ici Christine est sur son territoire. Il y a des rires et des clins d'œil. Jules reçoit quelques tapes dans le dos de la part de jeunes gens qui semblent être parvenus à un degré d'alcoolémie assez avancé.
- Tu les trouves sympas mes copains ? Tu sais je te présente la crème. Dans toute la ville tu ne trouveras pas mieux. Pas vrai Sandra ?
Elles sont entre filles et Christine fait admirer à Sandra ses dernières emplettes.
- Alors ? Comment tu trouves ?
- Super Christine ! Vraiment super ! Et celui-là dis tu me le donnes ?
Sandra exhibe ses seins nus avant de passer le chemisier de Christine. Quelques applaudissements et des sifflets saluent la performance. Jules est excédé.

Allez Jules !! . ! . ! . !

- Bon nous voilà prêtes ! Allez Jules on ne va pas rester là, il faut que tu sortes en peu !
Jules ! Elle l'appelle Jules à présent ! J.C. ça ferait plus classe, mais on n'en est pas là. Ils semblent tous connaître le lieu où va se dérouler l'épisode suivant. Jules suit le mouvement et il pénètre dans une cave aux murs gris basse de plafond. Pour être supportable le son qui sort des amplis doit être absorbé avec les substances appropriées. Tous les interdits ont été levés et Jules se voit relégué dans le rôle peu gratifiant du porteur de chandelles. Au milieu de cette faune de jeunes gens qui boivent et qui se caressent, Christine fait plutôt figure de jeune fille sage. Elle s'est rapprochée de Jules et elle parvient à se faire entendre en dépit du niveau sonore.
- Tu m'offres un verre Jules ?

Vodka-orange! . ! . ! . !

- Ils sont vraiment cons pas vrai ?
Jules exprime son approbation en fermant les yeux et en inclinant légèrement la tête.
- Vous croyez que je viens là parce que je les trouve intéressants ?
Elle s'est rapprochée de lui. En plus du bonheur qu'il peut avoir à se retrouver le nez plongé dans son décolleté, Jules l'entend parfaitement malgré le niveau sonore délirant de la sono, car la bouche de Christine est collée contre son oreille.
- Je n'ai rien trouvé d'autre pour m'amuser vous savez. Si vous croyez qu'ils m'ont fait rire mes deux tartignoles de parents. L'une avec sa dépression permanente et l'autre avec sa double vie de prédicateur indigne !
Elle semble rechercher une approbation dans le regard de Jules. Jules est surtout désarçonné de se voir attribué le rôle de confident.
- Il en a eu marre de sa grosse larve toujours déprimée mon cher Papa, vous ne le saviez pas ? Eh bien dans la paroisse tout le monde est au courant.
- Vous êtes en train de me dire que votre père a une maîtresse ?
La réponse se fait un peu attendre. Une deuxième tournée est nécessaire.

Vodka-bis! . ! . ! . !

- Vous savez dans la paroisse ce ne sont que des braves gens ! Alors comme mon père a eu la bonne idée de faire ça sous leur nez …
- Il s'agit de quelqu'un de la paroisse ?
- Oui. Dans la paroisse ils sont toujours prêts à médire, mais là il faut dire que ce n’était pas bien difficile ! Ils se sont connus sur les bancs de l'église nos tourtereaux. Il suffisait de les observer pour comprendre.
Elle s'interrompt pour fixer Jules intensément et Jules se perd dans ce bleu intense.
- Évidemment avec tout ce que je vous dis là vous allez soupçonner mon père ?
- Cela paraît logique en effet !
- Je vous l'ai dit Jules, c'est ma sœur Chloé qui l'a tuée. En ce qui concerne la chérie de mon père, l’affaire est terminée.

7 Baignoire! . ! . ! . !

Protagonistes! . ! . ! . !

8 Coupables ?! . ! . ! . !

ChloeGurithe! . ! . ! . !

Chloé Gurithe a toute une documentation sur des produits tranquilisants.

ChristineGurithe! . ! . ! . !

Christine avait bien trop bu pour qu’elle puisse vraiment se rendre compte.

SebastienGurithe! . ! . ! . !

Il fait évidemment partie des suspects.

Beatrice Blondin! . ! . ! . !

Béatrice Blondin est prétendante au titre d'épouse auprès de son idole.

ChloeGurithe! . ! . ! . !

Je l’ai aperçue qui allait s’assoir à l’écart. Elle est vraiment grotesque ma sœur, avec son accoutrement gothique. En plus elle est prétentieuse. A l’entendre c’est elle la grande experte en psychologie. Elle a exploité notre mère qu’elle méprise. Je sais qu’elle lui prenait ses ronds. Elle ne perdait jamais une occasion de se moquer d’elle. Je sais qu’elle lui a annoncé que Sébastien la trompait. C’est pure méchanceté. Ève s’en doutait mais elle refusait d’admettre la situation. Elle ne lui a laissé aucune chance.
Cette BéatriceBlondin n’a pas hésité à s’assoir au premier rang. Quand mon père me l’avait présentée je lui avais trouvé une certaine classe, rien à voir avec Ève qui déambule en jogging dans la maison. Elle semble subjuguée par le sermon de Sébastien.
- Nul ne peut imposer une limite à l’amour de Dieu qui pardonne
Je ne suis pas Dieu et je n’ai pas envie de pardonner. Je l’ai entendu chahuter dans la salle de bains avec son copain SamsonLeon. Ces deux drogués font bien la paire. À eux deux ils sont bien capables d’avoir noyé maman dans sa baignoire.

ChristineGurithe! . ! . ! . !

La sainte-nitouche ! Je ne sais pas ce qu’elle met dans ses mélanges mais je ne suis pas sûre que cela soit vraiment inoffensif. Pour fabriquer des tranquillisants il y a des laboratoires qui effectuent des recherches pendant des années, tandis que ma sœur va chercher ses informations sur internet. Elle achète ses produits en pharmacie et elle fait ses mélanges dans le placard de la salle de bains qu’elle a paré du titre de laboratoire. Cette gamine est complètement irresponsable. Elle a dû commettre une erreur dans ses mélanges et c’est comme cela que notre mère a dû se noyer dans son bain. C’est la faute de cette sorcière complètement irresponsable !
Je suis assise sur un banc au dernier rang. Ainsi je suis proche de la sortie. Même si ma tenue gothique fait mauvais genre en ce jour d’enterrement, au moins je suis vêtue avec la bonne couleur.
- Nul ne peut imposer une limite à l’amour de Dieu qui pardonne
Quand il a fallu l’habiller avant de la déposer dans le cercueil, cela a été réalisé par l’entreprise de pompes funèbres. Comme une autopsie avait été réalisée, je n’ai pas été autorisée à participer à cet habillage.
Je sais que l’autopsie a permis de révéler la présence de différentes drogues dans son sang. Il y a certainement des produits qui proviennent du laboratoire de Chloé, mais il m’a été répondu que c’est impossible à prouver.

SebastienGurithe! . ! . ! . !

Je ne fais pas les choses au hasard. J’agis avec méthode et je sais comment elle va rejoindre ce Paradis auquel elle aspire. Il peut arriver qu’une personne se noie dans sa baignoire. Je l’ai vérifié par une requête sur internet. En revanche cela n’est pas possible si la victime est parfaitement éveillée. J’ai donc effectué des recherches concernant les tranquillisants. Il semble que le Temazepam est un produit tout à fait adapté. J’en ai acheté plusieurs boites. Elle en a absorbé une bonne dose avec ce que j’ai incorporé aux plats que je lui ai servis pour son dernier repas
À présent je suis devant le cercueil et je fais face à l’assemblée des fidèles. Malgré les soupçons qui pèsent sur moi j’ai obtenu de pouvoir dire le sermon qui va précéder l’inhumation d’Ève. Je rappelle à mes fidèles que la miséricorde de Dieu est infinie :
- Nul ne peut imposer une limite à l’amour de Dieu qui pardonne
Ainsi je profère une dernière condamnation en laissant à nouveau entendre qu’elle s’est suicidée. Cette image de ma main qui maintient sa tête immergée reste présente. Malgré la forte dose de tranquillisant que je lui avais fait absorber elle résistait à la pression de ma main.
- Accepte la dans ton royaume.
Ainsi je demeure celui qui décide de son admission dans l’au-delà après avoir présidé à son départ de l’existence terrestre. Il fallait pourtant qu’elle disparaisse pour que je puisse tenir ma promesse. Je sentais bien que Béatrice s’impatientait.

BeatriceBlondin! . ! . ! . !

Je sais que les commentaires des paroissiens doivent aller bon train. Lorsque je suis entrée dans le temple je les ai aperçus qui me lançaient des regards furtifs et qui baissaient d’un ton pour proférer leurs propose malveillants. Je suis allée m’assoir au premier rang.
Nul ne peut imposer une limite à l’amour de Dieu qui pardonne
Elle s’est suicidée. Je sais que Sebastien ne croit pas à cette thèse. Je sais qu’il éprouve une énorme gratitude à mon égard pour avoir précipité les événements.
Nul ne peut imposer une limite à l’amour de Dieu qui pardonne
Je reçois cette parole de mon bien-aimé avec ferveur. Je serai pardonnée. Il devait divorcer, il me l’avait promis, mais comme la situation n’évoluait pas, j’ai fini par prendre les devants.
J’étais venue le retrouver. Personne ne m’a répondu quand j’ai sonné. La porte d’entrée était ouverte alors je suis entrée. La grosse femme était étalée dans son bain, le nez dans la mousse. Elle ronflait en faisant voltiger quelques bulles. Il y avait une boîte de Temazepam ouverte sur la tablette du lavabo. Elle avait dû en prendre une bonne dose car elle n’a pas réagi quand je suis entrée. Elle ne mérite pas de vivre avec quelqu’un d’aussi brillant que mon Sebastien. Il m’a semblé que le ciel m’envoyait un signe. J’ai appuyé sur sa tête. Elle a résisté pendant un court instant et puis ses soubresauts se sont arrêtés et je suis repartie.

9 Une lettre d’adieu! . ! . ! . !

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JulesCompacteur s'est rendu chez LaryMilano qui vit chez sa mère RositaMilano. Grâce à ses talents LaryMilano est parvenu à faire apparaitre le texte d’un fichier qui avait été effacé.
« Lorsque vous lirez cette lettre, j'aurai quitté ce monde. À vous ma famille, à vous mes filles et à toi mon mari, je vous demande de pardonner mon geste. Je ne sais si Dieu me pardonnera, mais je vous demande à vous tous, mes frères et mes sœurs de la paroisse de me comprendre. Je sais qu'il n'est pas de geste plus grave et plus impardonnable que celui que je m'apprête à commettre mais la dépression dont je souffre est devenue chaque jour plus insupportable. Je me sens prisonnière d'un corps chaque jour plus monstrueux, je me désole de me voir inutile et sans projet. Je vais quitter ce monde. Gardez de moi le souvenir de la femme que j'ai été autrefois. »
C’est le texte qu’EveGurithe est censée avoir laissé en évidence sur le lit de sa chambre avant de mettre fin à ses jours. En fait c’est énorme : la date qui figure sur la lettre est la bonne mais pas celle du fichier informatique. Cette date est postérieure au décès. Jules imagine le déroulement des opérations. Après avoir trouvé les informations concernant le Temazepam, SébastienGurithe a acheté tout un stock de cachets pour les faire ingurgiter à EveGurithe. Elle devait être comateuse et une légère poussée a suffi pour l'aider à se noyer. Sébastien a t’il rejoint sa maîtresse après avoir commis cet acte ?