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Dans les profondeurs du panier de crabes

Longtemps j’ai considéré qu’un téléphone mobile c’est avant tout un telephone. Après avoir utilisé un premier GSM qui ne pouvait tenir que dans une poche de taille respectable, j’ai adopté des modèles rustiques ayant pour principale vertu d’être des téléphones avec quelques fonctions accessoires. Le modèle bon marché avec un petit écran en noir permettait de téléphoner aussi bien que des modèles plus sophistiqués. Une coque plastique résistante aux chocs, c’est une qualité appréciable quand on voyage.

Un épisode dont je me souviens c’est le plongeon de mon téléphone dans feu la marina de Fare Ute à Papeete. Lorsque je me penche au bastinguage pour dire bonjour à mes amis du yacht voisin (le BuBu) mon téléphone choit de la poche de ma chemisette et il descend à 25 mètres. Alain enfile sa combinaison et il va me chercher l’objet en toute simplicité. Après le téléphone marchait beaucoup moins bien mais la puce était sauve. L’avantage du téléphone bon marché c’est qu’il est moins douloureux à remplacer.

Tous ces jeunes gens fascinés par leurs écrans ça m’a tout de même intrigué. “Que toute connaissance commence avec l’expérience cela ne fait aucun doute”. Suivant cette formule kantienne (critique de la raison pure) j’ai donc fait l’acquisition d’un téléphone nouvelle vague avec toutes les belles icônes. Comme je suis loin de la virtuosité des artistes qui parviennent  à écrire d’une main tout en maintenant leur équilibre à l’aide de l’autre main quand je les côtoie dans le métro (je me demande d’ailleurs où s’arrête cette dextérité dans leur quotidien) j’ai décidé de progresser en ayant recours à un mode d’emploi.

Si la somme est insignifiante, elle prend sans doute un sens dès lors qu’elle est multipliée par … Mais par ailleurs je suis de la vieille école qui considère que l’on ne sort pas sa carte bancaire pour 25 centimes. Ce qui me paraît par contre plus ennuyeux c’est de devoir donner mon numéro de carte bancaire … ce qui n’est d’ailleurs pas utile puisque la notice est diffusée gratuitement si l’on clique sur un lien quelques lignes plus bas. Aujourd’hui bien sûr dans ce monde provisoire.

Tout le monde il est beau et gentil dans ce joli monde de Facebook, Samsung, Google et compagnie. Tout de même monsieur le crabe vous avez de bien grandes pinces. Moi là dedans je joue pas les homards. Je n’ai pas encore trouvé le moyen d’obtenir votre numéro de carte de crédit avec 25 centimes en prime. Il est vrai que les beautés littéraires d’une notice sont inégalables. Je vous le dis tout de même, les gars les filles, mieux vaut faire gaffe !

http://www.takatrouver.net/poesie/index.php?id=390

Jean-max Thuille : thuillejm@gmail.com

La copie hors la loi (Partie 6)

Une progression dans l’intrusion

Trois périodes peuvent être distinguées dans le monde de la toile depuis son irruption dans le quotidien des pays du centre.

Le Web 1.0 couvre la période 1994-2001. Les compagnies du Web 1.0 font un travail d’agrégation des données qui permet de les mettre à la disposition d’utilisateurs demandeurs d’informations. Google émerge comme standard devant Alta Vista, Lycos, Netscape, AOL, Yahoo! Dans le domaine de la consommation émergent eBay et Amazon qui deviennent leaders du e-commerce. Les perspectives de profit paraissent énormes, l’éclatement de la bulle financière du 13 Mars 2000 écarte les structures les plus fragiles, pour laisser le champ libre aux grandes puissances du monde virtuel.

Le Web 2.0 repose sur des connexions sociales. Il est fondé sur l’intrusion et il se développe en utilisant différents créneaux. MySpace construit un réseau qui s’appuie sur l’exploitation des œuvres dans le domaine de la musique. Facebook se développe à partir du réseau des étudiants, LinkedIn exploite le réseau des cadres, Digg, Reddit et StumbleUpon s’appuient sur la production de contenu par les utilisateurs.

La période actuelle est celle du développement du web social à travers l’utilisation des téléphones portables. La géolocalisation permet un pistage de l’internaute pour lui proposer des biens et des services dans son environnement proche. Le comportement addictif de l’utilisateur ne se limite plus à un usage domestique, on peut constater son émergence alors qu’il se signale par le comportement des internautes sur la voie publique.

La copie productrice de valeur

La croissance du Web 1.0 repose sur une activité dominante dans le domaine informatique : la copie.  La copie est au cœur des enjeux de la valeur, qu’il s’agisse d’œuvres d’art ou de textes. La photocopieuse apparaît comme un instrument artisanal d’une puissance dérisoire en regard des capacités du réseau. Pour l’entreprise qui en fait une industrie la copie repose sur la maîtrise de deux activités : la production d’algorithmes et le contrôle de l’accès aux données copiées, par l’utilisation de mots de passe. La puissance des entreprises du secteur repose sur une aptitude à stocker des données dont elles ne sont pas propriétaires, elles entretiennent donc un rapport particulier avec la propriété. L’origine de la valeur peut être dénoncée, c’est un vol, ou encouragée, c’est un partage. Sur le web l’algorithme qui sera la clef du succès consiste à stocker des données dont l’entreprise n’a pas la propriété pour en proposer l’utilisation payante aux utilisateurs qu’elle reconnaît : ceux dont elle reconnaît le mot de passe. Elle peut apporter un réel service où jouer un simple rôle de portail comme dans le cas des entreprises de streaming.

Le nombre d’écoutes

Dans le domaine de la musique, la copie est une activité ancienne. Elle commence avec les possibilités offertes par les cassettes et elle s’est poursuivie lors de l’apparition des CD. Dans la version du partage on offre de la musique que l’on a pas payé, un manque à gagner qui est un vol pour l’artiste. Les compagnies qui ont développé leurs activités selon ce principe du stockage de fichiers musicaux proposent une définition de la propriété qui est la leur : la propriété d’un fichier devient la propriété d’une œuvre. Ces entreprises ont connu des profit considérables tandis que les artistes ont dû batailler pour être payés.  Les rémunérations pratiquées sont extrêmement faibles quand les coûts de fabrication sont inexistants, et même quand le nombre d’écoutes explose, la rémunération de l’artiste ne suit pas.

La puissance du réseau positionne l’artiste dans une situation de dépendance qui peut le conduire à une démarche dans laquelle il va publier gratuitement un contenu.    L’artiste en vient à choisir de donner sa production plutôt que de rester inconnu. C’est la version soft de la course à la célébrité, quand l’alternative est de tenter sa chance sur internet ou de tendre la main dans la rue en grattant sa guitare.

Payer pour être reconnu

Le monde littéraire a ses temples, ses gardiens, ses codes. Si le talent n’est pas une évidence, le statut d’auteur est porteur d’un prestige inégalé dans toutes les professions, tout particulièrement dans des pays où la culture a encore une signification. Pour être reconnu l’écrivain doit suivre un parcours semé d’embuches. Dans la mythologie de la production littéraire l’écrivain pauvre est une figure connue. Comme les écrivains sont peu nombreux à vivre de leurs œuvres, la majorité des prétendants au titre pratiquent en amateurs. A la différence de la production musicale, le circuit de distribution a résisté, bien que l’on enregistre une tendance à la baisse dans le comportement de lecture. La progression du numérique reste faible dans ce domaine tandis que la presse papier et le livre traditionnel connaissent un déclin lent mais régulier.

Internet a permis l’éclosion d’entreprises qui exploitent  de façon caricaturale les prétentions des candidats à la gloire littéraire. Un marché s’est développé qui vise à exploiter les aspirations des auteurs en mal de lecteurs. Il y a un marché pour exploiter la demande d’écrivains médiocres qui auront atteint leur l’objectif dès qu’ils verront  figurer leur nom sur une page de couverture. Pour l’exploitation de ce marché la médiocrité n’est pas censurée, elle est encouragée.

La production littéraire n’a pas diminué, elle s’est diversifiée. Un circuit traditionnel conserve ses capacités à reconnaître les talents et à médiatiser les auteurs qu’il reconnait, tandis qu’un nombre indéterminé d’inconnus s’activent pour produire des sentences d’une qualité incertaine et exprimer de bons sentiments ou des vérités premières, le plus souvent des formules sans grand intérêt et mal orthographiées dont l’intérêt repose principalement sur les beautés de la calligraphie.

Une production artistique dévaluée

L’économie libérale obéit à des mécanismes qui aboutissent à une accumulation du capital détenu par les organisations du centre qui le contrôle. L’accumulation sous la forme de capital technique est ancienne, elle date de la première révolution industrielle. Son développement actuel est marqué par une organisation de la production à l’échelle mondiale. La concentration du capital se réalise sur un mode accéléré sous la forme d’une dématérialisation dans tous les domaines. En ce qui concerne les domaines de l’art, en même temps qu’elles facilitent l’accès aux œuvres diffusées sur la toile, les grandes entreprises du net provoquent une dévalorisation d’une production selon le principe économique connu qui veut qu’une augmentation de l’offre entraîne nécessairement une baisse des prix. Cette augmentation de l’offre repose sur une diffusion massive dont le contrôle échappe à l’auteur qui se trouve ainsi dépossédé du contrôle de sa production. Il dépend d’une structure qui détient toutes les clés de la diffusion de son œuvre. Les grandes entreprises du net disposent d’un contrôle qui est d’abod financier. Ce contrôle peut s’étendre au domaine idéologique, lorsque les intérêts financiers rejoignent des intérêts politiques au point de venir perturber le fonctionnement de la démocratie en utilisant des démarches intrusives auprès des électeurs.

Le don source de la valeur et garantie du monopole 

Selon un adage bien connu on attrape pas les mouches avec du vinaigre. Bien avant le développement d’Internet, Microsoft proposait dans ses suites bureautiques une panoplie d’outils qui offrait à l’utilisateur des possibilités démesurées en regard de ses besoins. Une suite bureautique comportait les outils de calcul suffisants pour organiser un voyage dans l’espace, alors que l’acheteur n’utilisait jamais qu’une infime partie de ces capacités, à charge pour lui de résoudre les dysfonctionnements ou les bugs que chaque version ne manquait pas de comporter. Les utilisateurs représentaient une masse énorme de travailleurs utilisés à titre gratuit contribuant à la richesse de l’entreprise au niveau mondial.

Il semble que ce fonctionnement soit l’équivalent de celui que l’on peut voir dans les westerns et l’on peut citer une réplique célèbre: “Tu vois, le monde se divise en deux catégories, ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi tu creuses.”  La détention d’un code d’accès ou d’un mot de passe a un caractère plus soft qu’une balle  de revolver et l’enjeu n’est pas vital, au moins à priori. Elle peut pourtant l’être dans certaines situations particulières.

Dans cette première version du développement informatique, l’utilisateur paye pour recevoir une application dont il n’utilise qu’une partie infime. Le reste est cadeau mais il doit encore fournir son travail pour parvenir à faire fonctionner ce dont il a réellement besoin.

Les entreprises qui présentent une offre sur internet disposent d’une puissance financière qui leur permet de faire une offre de service à titre gratuit. La puissance financière de Google lui a permis de compléter son activité première de moteur de recherche par une offre de services variés avec une place de leader pour le courrier électronique. Le paiement du service n’est pas le premier objectif. Il peut être contourné, l’enjeu est l’enregistrement du prospect. L’enregistrement de ses données permettra un premier retour sur investissement et ensuite ses habitudes d’utilisation permettront de cibler des publicités. Il sera toujours possible par la suite d’exiger un règlement pour les services rendus. Dès lors que des informations confidentielles sont détenues, il devient impossible pour l’utilisateur de les abandonner alors qu’il n’en est plus le seul propriétaire.

La valeur est dans nos données

En définitive, il importe de comprendre où se situe la valeur. Elle est bien présente dans les algorithmes et les programmes mis en œuvre pour gérer de gigantesques bases de données. Le secret étant la première des garanties dans ce domaine, les informations sur ce sujet sont difficiles à obtenir et aucune révélation ne figurera dans cette rubrique. Il est évident que pour les grandes compagnies du net la source de la valeur ne se situe plus dans les programmes informatiques dont elles sont propriétaires et pour lesquelles elles financent des améliorations constantes, elle se situe dans les données qu’elles stockent, dans la masse énorme des données dont elles détiennent le contrôle sans qu’un contre-pouvoir ne puisse réellement s’exercer et avec un sécurité limitée lorsqu’une partie de ces données échappent à leur contrôle.

Avant l’apparition d’internet tout utilisateur d’un ordinateur devait déjà se préoccuper de protéger ses données avant de protéger les programmes dûment payés, à charge  pour lui de manipuler un nombre considérable de disquettes pour les réinstaller. Aujourd’hui les données qu’il considère comme sensibles se trouvent ailleurs, quelque part dans un lieu que l’on a pu définir de la façon la plus évasive qu’il soit, elles sont quelque part au dessus de sa tête : dans un nuage.

 

Un investissement immatériel (Partie 5)

Le capitalisme est né d’une accumulation primitive. Cela signifie que les moyens de production sont concentrés entre quelques mains tandis que les artisans qui assuraient auparavant cette production en sont  dépossédés. C’est la concentration de ces outils de production dans des structures qui permettent une division du travail qui explique l’efficacité de cette organisation. La division du travail permet une diminution des coûts et par là même la production artisanale est marginalisée. Dans ce contexte le travailleur se différencie de l’esclave puisqu’il n’est pas la propriété du capitaliste, mais il est confronté à une situation dans laquelle il n’a d’autre recours que celui de vendre sa force de travail. Il devient alors un travailleur libre selon la terminologie marxiste.

Capital circulant

À l’époque de la révolution industrielle, la transmission de la valeur passe par trois vecteurs. Les matières premières transmettent l’intégralité de leur valeur au produit fini. La valeur que ces matières recèlent reste inchangée, elle est contenue dans le produit fini, elles apparaissent simplement sous une autre forme. Quand le développement du colonialisme n’en est encore qu’à ses débuts Marx ne s’interroge pas sur les effets de la circulation de ces matières du centre vers la périphérie. Pour actualiser cette question, l’analyse contemporaine de la transmission de la valeur devrait également prendre en compte la production d’une valeur négative liée à la dégradation de l’environnement provoquée par cette exploitation. Les termes externalités négatives traduisent parfaitement l’hypocrisie du monde occidental qui rejette son implication dans les dommages causés. L’entreprise qui est le cadre premier dans lequel s’opère la pollution rejette l’enregistrement dans ses comptes des nuisances qu’elle produit, elle se conforme à une organisation comptable qui a proscrit le signe moins. Il n’est pas sûr que les autorisations à polluer par l’achat de quotas soient vraiment une réponse à cette évolution.

Capital variable

L’accumulation primitive est réalisée par une utilisation de la main d’œuvre sous la forme d’une exploitation, notamment celle des plus faibles, les femmes et les enfants. Cette exploitation permet d’expliquer l’origine de la plus-value. La main  d’ œuvre est par nature un capital variable, puisque c’est l’intensité de son utilisation qui détermine sa valeur. Les nouvelles technologies ont un impact sur la façon dont ce capital variable fonctionne dans la mesure où les lieux où cette production de valeur est réalisée ne sont plus nécessairement des lieux de production. 

Capital fixe

Dans la phase du capitalisme industriel, le capital fixe, les machines, transmettent une partie de leur valeur aux biens produits et la réalité de cette transmission de valeur apparaît sous la forme d’une usure. Si les machines ont une valeur c’est parce qu’elles sont un produit du travail humain. L’évolution de la production vers une efficacité toujours croissante est permise par l’incorporation continue d’un travail de plus en plus complexe. L’ordinateur est d’abord une immobilisation corporelle, du capital fixe destiné à produire une comptabilité, il fait partie de l’appareil productif de l’entreprise. Il est un objet qui représente parfaitement une accumulation de travail puisque sa valeur repose non seulement sur les matériaux rares qui le composent, mais plus encore sur les algorithmes qui président à son fonctionnement. Dans sa première version l’ordinateur est une machine qui fonctionne dans des lieux tenus à l’abri du public.

Le premier standard mondial

L’apparition de MS-DOS version 1.0 en août 1981 est une date essentielle qui marque  le changement de statut de cet objet, puisqu’il  devient aussi un objet de consommation. Le statut hybride du Personal Computer le distingue de son concurrent de l’époque. La puissance du développement de cette entreprise tient essentiellement à la mise en œuvre d’une norme. Toute la puissance de l’entreprise reposait sur la diffusion d’un système d’exploitation s’imposant comme une norme incontournable. La vente de cette norme au niveau mondial est sans doute le premier grand succès financier du 20ème siècle dans le domaine informatique. Il est remarquable de constater que l’utilisateur devait non seulement payer le prix fort, mais qu’il devait également fournir un travail considérable pour installer le sytème et pour le maintenir. Les utilisateurs ne pouvaient pas être de simples consommateurs d’un produit, ils devaient s’initier, pratiquer la lecture de la bible MS-DOS et passer de longues heures pour remédier aux failles du système d’exploitation. L’évolution des machines à rendu obsolète cette compétence. Toute une population a donc dû abandonner une maîtrise acquise à l’issue de combats acharnés et difficiles pour parvenir à dominer la machine. 

Pendant la première phase de son développement le micro-ordinateur a été un objet placé sous le contrôle et sous la compétence d’un utilisateur qui avait payé son droit d’entrée au producteur. L’utilisation du PC et les compatibles-PC pouvaient exiger une connaissance des techniques de programmation. Avec une approche différente le Macintosh tentait de dispenser l’utilisateur de cette maîtrise. Dès le départ la société Apple opte pour une production grand public. 

Le partage hardware-software

L’évolution est celle du partage entre le hardware et le software. L’industrie qui produit des ordinateurs pour les entreprises, produit surtout des objets destinés aux ménages sous la forme de micro-ordinateurs, tablettes et autres smartphones.

Pour l’industrie des réseaux sociaux, le capital fixe est principalement du travail  « cristallisé » dans des productions immatérielles, dans le soft, si l’on s’en tient à une distinction qui devient ancienne entre deux types d’activité dans le domaine informatique, celles qui concernent le matériel, le hardware, et celles qui s’intéressent au logiciel, le software. Si le couple hardware-software est à l’origine de la production de valeur, l’entrepreneur capitaliste n’est plus le seul détenteur de cette forme du capital fixe. Après avoir été un outil de travail dans l’entreprise, l’ordinateur s’est diffusé dans les ménages sous forme de tablettes et autres smartphones. 

L’évolution qui se réalise adopte deux formes :

  • La production de valeur trouve son origine dans le soft plutôt que dans le hard et plus particulièrement à l’intérieur du hard au travers les techniques qui permettent de domestiquer la demande.
  • Le fer de lance de la conquête marchande et financière est l’intrusion sous la forme de collecte d’informations et d’injonctions à suivre un comportement grégaire et docile.

La doctrine du mensonge (Partie 4)

Une félicité promise dans l’au delà 

Si la religion ne peut assumer la mise en œuvre d’un bonheur terrestre,  elle peut par contre faire une surenchère en promettant un bonheur éternel. Elle méprise le bonheur terrestre et elle n’assume aucune responsabilité temporelle pour la réalisation de projets matériels autres que ses bonnes œuvres pour lesquelles elle se désigne comme le bénéficiaire prioritaire. 

La puissance de l’église repose sur un bluff extrême : la vie éternelle sera réservée aux croyants, la seule issue est donc de croire dans un discours dont elle n’est pas l’auteur, un discours qui s’impose par sa nature divine. La croyance elle même ne résulte pas d’une démarche volontaire, elle s’impose au croyant dans un processus qui lui échappe. Le propre de la croyance religieuse est de se révéler, elle émane d’une entité qui n’est pas humaine. L’église réalise différentes mises en scène destinées à glorifier la présence supposée des entités qu’elle a inventées et dont elle n’a pas à prouver l’existence, puisqu’elles transcendent la logique terrestre.

Dans la logique de l’église catholique, la mort est le seuil que les croyants franchissent avant d’entrer au paradis, tandis que les mécréants brûleront dans les feux de l’enfer pour l’éternité. Pour une plus grande efficacité les missionnaires espagnols ont massacré les populations indigènes d’Amérique centrale. Lorsque l’enjeu est la vie éternelle, les indigènes qui refusent la soumission au dogme doivent  être massacrés sans pitié et laisser aux seuls survivants la perspective d’une félicité sans limites. Lorsque l’enjeu est la vie éternelle, la mort n’est qu’un léger sacrifice. Elle ne peut pourtant être administrée que sous l’autorité de l’église qui interdit que les fidèles puissent se l’administrer eux-mêmes.

Tout au moins l’église considère que ses fidèles sont dotés d’une âme et elle porte un intérêt à leur égard sur cet unique critère.

Une promesse pour tous

Pour sa part, l’économie libérale a le mérite de promettre un bonheur terrestre et non un bonheur post mortem. De plus, ce bonheur doit se réaliser dans l’instant, son principe est la production de biens et de services pour une réponse immédiate à des besoins qui se manifestent de façon impérative. L’économie libérale glorifie le besoin en affirmant qu’elle peut toujours lui apporter une réponse sous une forme matérielle. Une caractéristique première des économies dites développées est une production effrénée de toutes sortes d’objets, de gadgets ou de services destinés à répondre à des besoins réels ou provoqués par l’offre, une production dont l’utilité n’est jamais remise en cause et dont les effets polluants sont indéniables.

Un premier pilier de l’économie libérale est cette affirmation qu’une production pourra être la réponse à un besoin quelque qu’il soit. Une accumulation d’objets inutiles vient submerger l’espace habitable d’une foule d’individus incapables d’assumer leurs frustrations autrement que par des comportements compulsifs de consommation. La surproduction d’objets inutiles pour leurs propriétaires mais nuisibles pour l’environnement est le premier marqueur de l’économie libérale. Une part importante de cette production consiste en une production destinée à encourager ou à solliciter la demande sous la forme d’emballages, de messages, de signaux de toutes sortes qui envahissent l’espace des villes avec une esthétique souvent contestable.

La puissance et la violence du mensonge tient à sa forme insidieuse. Le message qui le porte fait l’objet d’études par des spécialistes. À la différence du message religieux il n’est pas destiné à proclamer un texte écrit dans le passé, mais il doit au contraire être nouveau. Il ne s’agit pas d’une démarche spirituelle, mais d’une démarche pragmatique. Le message doit être efficace et l’un des vecteurs de l’efficacité peut être la provocation ou la transgression. 

Le libéralisme est le cadre dans lequel l’initiative privée est glorifiée y compris et peut-être même surtout lorsqu’elle consiste à tromper son prochain. Dénoncer le caractère frelaté de l’environnement marchand en donnant une connotation morale à cette critique n’est généralement pas de bon ton. Le discours économique se prévaut d’une distance par rapport à la morale, en supposant que ces considérations nuisent à la pureté du raisonnement économique. A chacun son champ de vision : l’église se charge du spirituel et l’économie de marché permet de régler les questions matérielles. Cette dichotomie est pourtant un point d’appui essentiel du libéralisme. Le puritanisme permet de monter des scénarios particulièrement audacieux où l’intransigeance morale se donne en spectacle pour faire diversion tandis que la corruption s’active.

Des objets travestis

L’économie libérale est le cadre de production d’un monde merveilleux dans lequel les objets sont habillés pour séduire. Ils sont vendus pour ce qu’ils promettent plus que pour leurs qualités réelles. L’économie de marché prétend vendre du rêve à travers un travestissement permanent du réel. Le marché se saisit des moindres failles de l’inconscient et il colonise tous les espaces où la nature s’épanouit pour en faire des zones d’extraction du profit.

Des zones fermées à l’intérieur desquelles l’aliénation consumériste peut être cultivée sur le modèle de la culture de légumes dans une serre, forment le cadre à l’intérieur duquel cette économie peut exercer une domination forte. L’économie libérale impose le modèle du parc d’attraction au monde pour organiser ses loisirs. Elle transforme le monde selon ses impératifs de profit. Parc Disney, spring break d’étudiants à Cancun, casinos de Las Vegas, les parcs d’attraction sont tous construits selon un principe similaire de consommation passive, quand l’abrutissement dans la drogue et dans l’alcool succède à l’abrutissement au travail.

La personne en spectacle

L’offre produit une demande conforme à ses objectifs. Elle peut adopter une stratégie d’écrémage auprès des revenus élevés ou réaliser des économies d’échelle en standardisant la production. L’image produite par chaque individu intègre une adaptation à des tendances et à des modes par laquelle il affirme une position sociale. Pour reprendre la formulation de Guy Debord, le spectacle est un  « rapport social entre des personnes médiatisé par des images » où « Le vrai est un moment du faux ». 

La démarche contemporaine d’exposition de l’image sur des écrans marque une évolution dans le comportement. C’est une exposition partiellement volontaire car elle repose d’une part sur une intrusion organisée sous la forme d’un système, d’autre part sur une démarche addictive. Cette évolution marque une aliénation en pleine progression, un passage d’un stade où ce n’est plus la force de travail qui est offerte  en contrepartie de biens et de services destinés à marquer une singularité des individus, à un stade où l’individu s’offre lui-même en spectacle. C’est une autre forme de croyance de la pat d’un internaute qui n’a qu’une vue très limitée des techniques qu’il utilise et des contrats auxquels il souscrit.

Le spectacle médiatique (Partie 3)

En noir et blanc

Les apparitions du général à la télévision sont entrées dans l’histoire. La communication obéit aux règles du discours. L’allocution est solennelle. Quand le général s’adresse à la France, il lui parle, elle est une personne avec laquelle il a seul le privilège de donner des directives. La communication n’échappe pas à la censure,  les citoyens peuvent exercer leurs critiques par le biais de leurs partis, leur assentiment n’est pas constamment sollicité par des sondages, la vie politique n’est pas peuplée de petites phrases. L’homme politique se distingue par la sobriété de son comportement. Les présidents qui prendront la succession du général conserveront une solennité à leurs fonctions. Parce qu’elle est rare, la parole politique reste puissante. Elle est plus claire, malheureusement elle est moins libre.

La télévision monopole d’état donne sa légitimité à l’expression du pouvoir en place. Si la privatisation de ce secteur a permis une diversification de l’expression, celle-ci est devenue plus complexe. Quand l’expression du pouvoir n’est plus celle d’un père qui s’adresse à ses enfants, le citoyen est confronté à un concert de voix discordantes. On peut bien lui prescrire des repères en l’invitant à distinguer sa droite de sa gauche, mettre en place des stratagèmes de cohabitation, la vie politique reste conditionnée à la capacité du citoyen à se déterminer en mettant en action des mécanismes qui relèvent les deux éléments dont il est composé : son cœur et sa raison.

La surenchère émotionnelle 

L’attitude politique qui prévaut est une attitude émotionnelle. Comme l’expression prédominante aujourd’hui est la défiance sinon le dégoût, sous cet angle, les réseaux sociaux jouent un rôle particulièrement destructeur car ils ne se donnent pas pour rôle de comprendre ou d’analyser.  C’est une expression de copieurs-colleurs qui n’ont d’autres capacités que celles de surenchérir dans le registre émotionnel.

Le fait que l’expression politique passe par le biais d’ordinateurs et de téléphones portables ne peut être considéré comme mineur. Le café du commerce a longtemps été considéré comme le  lieu idéal pour une expression politique sans grande subtilité et généralement inoffensive.

L’expression politique qui passe par les réseaux sociaux se distingue par sa puissance : elle se diffuse en tous temps et en tous lieux. D’autre part elle met à disposition des outils permettant de dupliquer, déformer, tronquer, manipuler l’information. Si l’attitude la plus courante consiste à exprimer des louanges ou des indignations, l’utilisateur d’un réseau social peut se positionner comme un producteur d’informations et à ce titre son statut de produit lui permet de s’exprimer en toute irresponsabilité.

Une communication venue d’ailleurs

Depuis la communication gaullienne du patriarche à ses enfants, la communication présidentielle à la française s’est adaptée à la démesure de contrats produits en dehors de son champ de contrôle. Le pouvoir voit ses possibilités d’expression concurrencés par le biais de supports qui lui échappent. Les réseaux sociaux sont un produit des États Unis et il est construit selon un principe qui veut que l’on doit faire grand pour exister. Dans le principe de fonctionnement il y a une démesure qui place le pouvoir dans une position de dépendance à l’égard des médias. En France le pouvoir a pu présenter comme ses gloires nationales des réalisations dans les domaines dans lesquels nos entreprises se montraient brillantes. L’histoire de l’informatique en France est l’histoire d’un abandon après ce dernier sursaut qu’a été le Minitel.

Les médias propriété du pouvoir

La présidence Trump présente un nouveau visage du contrôle des médias, justement parce qu’il ne s’agit plus de contrôler : le despote peut prétendre  être le détenteur du destin du monde en émettant ses tweets mensongers et manipulateurs. Les privilèges de l’argent et du pouvoir lui permettent d’injurier la presse et de s’absoudre de toutes les vilénies qu’il traîne avec lui avec sa presse et sa télévision. Il peut tenir des propos racistes, acheter les témoins de ses turpitudes sexuelles, la marque de fabrique de ce populisme ploutocratique est la démesure. Sa gouvernance  c’est l’expression d’un capitalisme féroce et cruel qui pousse son avantage à de telles extrémités qu’il peut émettre de lamentables vantardises sur ses capacités intellectuelles. Pour Trump Internet est un territoire annexé par son pouvoir. Il peut se montrer irascible envers Google et réclamer que le moteur de recherche s’adapte à sa convenance.

Les caractéristiques de cette communication sont une absence d’humanité, un appui sur le puritanisme de l’homme blanc destiné à détourner l’attention, une bassesse permanente, une inculture promue au rang de valeur première pour 50 États. L’arrogance, la suffisance sont devenues des marques de fabrique. Si l’on s’en tient aux résultats, le populisme ploutocratique résiste. Nous pouvons déposer quelques « like » sur les posts de nos amis américains qui dénoncent le « bloated nitwit », pour le clown international le spectacle continue, et nos « like » d’approbation ont toute l’ambiguïté que recèle ce compteur.

Le zoo humain s’offre en spectacle

Dans la société du spectacle, l’individu se met principalement en valeur à travers les objets qu’il consomme. Il est soumis au fétichisme de la marchandise. 

Dans la société du selfie, il offre son image comme une marchandise. L’acteur de télé-réalité se distingue par une absence de rôle. Il présente un comportement essentiellement basé sur le fonctionnement de son cerveau reptilien.

Dans leur démarche les médias ne sont pas plus attentifs aujourd’hui à l’expression des individus représentatifs de la société dans son ensemble. La démarche adoptée sert leurs intérêts, elle est destinée à faire de l’audience et les chaînes de télévision organisent la promotion de personnalités dont le talent est souvent pauvre en regard du travail accompli dans le seul but de l’auto promotion.

Le produit de la télé-réalité ne vend pas sa force de travail pour une rémunération, il vend une image frelatée de lui-même en mettant en scène une médiocrité assortie de quelques qualités plastiques. Il offre au spectateur une image de ses semblables  qui peut  ainsi le rassurer sur la distance qu’il peut avoir avec ces tribus de beaufs, à moins qu’une irrépressible envie de vomir ne l’empêche d’assister au spectacle. 

De nouveaux acteurs

Qu’importe le vase pourvu qu’on ait l’ivresse ? Un nouveau support ne change rien au contenu? Bien évidemment les journaux traditionnels ne disparaissent pas du jour au lendemain. Pourtant le cadre dans lequel les nouveaux médias fonctionnent est un cadre mondial.

Dans ce contexte les journaux télévisés nationaux poursuivent une œuvre d’hypnotiseurs rassurants et ils restent myopes à l’égard du monde . En France tout finit par des chansons. Un peu d’artisanat local, un gros plan sur un fait divers avec la dernière petite phrase d’un politicien en vogue et le journal télévisé est bouclé. Le nombre de phrases décrivant l’actualité mondiale ne dépasse le nombre de celles qui décrivent l’actualité de la bourgade provinciale.

Une vérité humaine

La vérité trouve difficilement son chemin dans la vie politique. L’église peut être le cadre approprié à une quête spirituelle.

La vérité qui nous intéresse ici n’est pas une vérité qui a besoin de la caution d’un parti ou d’une église, ce qui nous intéresse c’est la recherche de la vérité humaine qui permet de distinguer le vrai du faux, à l’exemple d’un phénomène physique qui veut que le courant passe ou ne passe pas.

C’est bien ce phénomène physique qui sert de base à la construction de systèmes électroniques et d’algorithmes qui font aujourd’hui partie de notre environnement. A partir de ce phénomène physique élémentaire sont élaborées des couches logicielles parvenues à une sophistication telle qu’il devient possible à des entités présentes au niveau mondial d’organiser la communication, d’assurer une meilleure transmission des savoirs, mais aussi de permettre le contrôle et la manipulation de l’information. 

La société du mensonge

Dans quel état « La société du spectacle » se trouve-t’elle aujourd’hui ? On peut relire Guy Debord et constater que l’analyse paraît tout à fait juste, qu’il y a même dans sa vision une anticipation des tendances actuelles. Le spectacle a pris récemment un tour nouveau avec l’envahissement toujours croissant des réseaux sociaux. S’il faut actualiser, « société du mensonge » paraît convenir, tant la désinformation envahit  le monde alors même que les possibilités de communication sont accrues. Se mettre en valeur en offrant une image valorisée par les produits que l’on consomme semble être un stade toujours actuel mais maintenant dépassé par l’exhibition de sa propre personne. Sur internet, chaque individu se présente comme sujet et se met éventuellement en valeur par différents artifices. Il acquiert dans le même temps et le plus souvent à son insu le statut d’objet. Son consentement résulte d’un clic d’approbation d’un contrat qu’il n’a pas lu car il est découragé d’avance par la complexité et la technicité du document qui lui est proposé. En agissant ainsi il sait qu’il fait comme son entourage, il est partie prenante d’un environnement opaque.

La soumission à un contrat incertain

 Tandis que la communication devient instantanée à l’échelle de la planète,  un flux continu de textes et d’images déferle à travers des canaux que l’on a classé sous le nom générique de nouvelles technologies. Si l’on peut se réjouir d’une communication facile, il suffit d’ouvrir sa boite mail pour constater qu’elle est envahie par une masse de messages qui ne sont pas une réponse à une demande clairement exprimée. L’internaute est confronté au produit d’une stratégie élaborée par des experts. S’il a conscience de traiter avec une entité dont les objectifs ne sont pas nécessairement philanthropiques, il ne peut avoir qu’une vision très incomplète du contrat qu’il passe et il adopte la démarche la plus simple qui consiste à se soumettre. C’est une concession parmi d’autres, toutes celles qui vont lui permettre d’avoir cette image valorisée de sa personne en tant qu’individu connecté alors qu’il ignore l’enjeu de sa soumission.

Le spectacle religieux (partie 2)


La chrétienté en spectacle

Les premiers chrétiens coupables de prosélytisme étaient destinés à l’arène. Selon Wikipedia cette persécution mise en œuvre par Néron faisait suite à l’incendie de Rome et elle s’est déroulée de 64 à 68. L’église offrait ainsi un premier spectacle.

Après cette période de vaches maigres pour une église ne disposant pas de lieux de culte, l’église catholique devient le premier entrepreneur en bâtiment et partout où elle se répand elle construit des églises. Toutes ces églises sont somptueuses et elles rassemblent des œuvres précieuses dans tous les domaines artistiques. Les bâtiments eux mêmes sont extraordinaires et la richesse du Vatican est le symbole de sa position au sommet de cette hiérarchie.

Pour faire court, avant l’apparition du cinéma, l’église est l’unique lieu du spectacle. Elle est le lieu où l’on vient sauver son âme après l’avoir perdue en fréquentant des lieux de perdition, théâtres, cafés ou bordels. La messe est le spectacle offert au travailleur qui vient rendre grâce à Dieu et à son patron. Le prix est librement établi et consenti, à l’exception de la célébration d’événements tels que les enterrements et les mariages.

Les moyens utilisés par l’église sont considérables. L’or, les vitraux, les orgues, le cérémonial et les vêtements, à tout ce dispositif destiné à conforter la croyance s’ajoute le cérémonial de la Cène, tant il est nécessaire d’impliquer le participant dans des postures qui lui imposent de se lever, de s’assoir, de chanter, de réciter, de boire ou d’avaler en suivant les directives d’un individu lui même inspiré par le “Très Haut”.

La religion impose sa vérité

Distinguer le vrai du faux et leur attribuer une valeur est une composante assez basique chez l’être humain. La référence peut être le dogme. Dans la société pré-capitaliste l’église est la seule détentrice du vrai et elle est en mesure de ramener les brebis égarées dans le droit chemin à l’aide de quelques bûchers pour les sorcières. L’Inquisition dispose quant à elle d’une panoplie d’instruments de torture sophistiqués pour faire reconnaître aux récalcitrants ce qu’elle définit comme “La vérité “. On remarque au passage l’importance des symboles de torture comme instruments de sa propagande. Le choix du crucifix pour emblème interpelle. Les postures gothiques peinent à égaler cette posture monstrueuse. Avec le voile intégral, on dispose d’un instrument de torture bien réel dans des pays du sud soumis plus que d’autres au réchauffement climatique. Le port de la kippa peut également provoquer des réactions négatives. Tout la problématique d’une religion consiste à trouver des moyens pour se proclamer comme unique. La posture du martyre offre des possibilités de propagande idéales et c’est pourquoi la souffrance, la flagellation, la culpabilité sont des composantes essentielles des religions. 

Une église catholique confrontée aux nouveaux médias 

Aujourd’hui la religion perd chaque jour du terrain dans l’établissement de la vérité quand elle se heurte à la communication. L’église catholique se trouve touchée de plein fouet dans son rôle de détentrice d’une clé vers un idéal spirituel lorsque sa hiérarchie ne peut plus émettre un discours qui puisse couvrir le bruit émis par des  médias omniprésents. Le scandale reste local et il est vite étouffé tant que le réseau social reste dans les limites du village, il ne dépasse pas la rumeur propagée par le corbeau local. Par contre le discours papal est couvert lorsque le nombre de prêtres pédophiles est décompté à l’échelle du monde. 

Le dogme musulman confronté aux réseaux sociaux

En ce qui concerne la religion musulmane, cette confrontation est une confrontation au dogme qui entraîne d’autres dérives. Quand le dogme a la soumission pour principe avec une interdiction de l’interprétation des textes sacrés, le monde virtuel apparaît comme un monde concurrent avec sa liberté d’expression et ses excès. Lorsque l’ennemi est indestructible (le net a été créé dans ce but) il faut s’en accommoder. Les termes islam et tolérance n’ont pas de connexions, surtout dans les régions qui n’ont pas connu un développement économique suffisant pour une ouverture sur le monde. La fin de la période coloniale n’a pas résolu les difficultés à trouver une place et à dépasser une confrontation dans laquelle le contrôle de l’exploitation des ressources et notamment du pétrole est un enjeu qui détermine les alliances. Les liens amicaux commencent par le partage d’une culture commune et ils s’appuient sur une langue. Les objets consommés peuvent être une référence commune tandis que la religion joue le rôle d’un obstacle supplémentaire qui vient  s’ajouter à ceux de la langue et des coutumes.  Elle ne peut aboutir si la conscience d’une spoliation perdure. Le tandem religion-culture résiste par les moyens à sa disposition. Il exploite la situation qui lui a été imposée,  une ghettoïsation, en proclamant sa différence. L’affichage vestimentaire est une façon parmi d’autres d’affirmer son identité. 

La définition du mensonge selon les églises

 Dans le jardin d’Eden décrit par la Genèse l’homme ne connaît pas le mensonge et c’est un serpent qui a recours à la ruse pour convaincre Ève de goûter au fruit défendu. Tant que l’église détient la vérité, la vérité est dite par les prêtres et ceux qui mentent sont inspirés par le diable. Plus précisément pour l’église le mensonge n’est pas l’erreur de bonne foi. L’erreur est humaine, mais l’obstination dans l’erreur est diabolique et hérétique. Le mensonge c’est l’erreur (contraire de la vérité) obstinée volontaire et consciente. Pour autant l’église ne se contente pas de définir ce qui est vrai dans le domaine privé, elle s’immisce dans la vie publique car comme pour toute institution la puissance dépend de la zone d’influence. L’église proclame qu’il est juste de dire  la vérité. On ne peut qu’approuver, avec cette nuance que l’église s’autorise par ce biais à proclamer un grand nombre de fadaises dont certaines sont sinistres par les conséquences qu’elles font peser sur le devenir de l’humanité. La responsabilité de l’église dans sa condamnation des moyens contraceptifs est totale. Ce n’est qu’un des aspects de sa mal traitance à l’égard des enfants et des curieux rapports que cette église entretient avec la sexualité.

La fin du monopole

Il n’en demeure pas moins que si nous retenons le fait de dire la vérité comme un principe moral essentiel, toute la problématique porte sur la légitimité d’une  institution dès lors qu’elle proclame qu’elle en est la seule détentrice. La bible contient un grand nombre d’histoires où la poésie a sa place mais où le sens relève souvent de l’interprétation. Les membres des différentes églises qui se réclament de la religion chrétienne doivent se plier à une gymnastique dans laquelle les textes « sacrés » ne sont pas la vérité mais des allégories destinées à servir de support à une démarche spirituelle. La hiérarchie de l’église doit confronter son discours à des fidèles dont le sens critique n’a pas été entièrement mis à mal par des croyances et certains d’entre eux préservent une autonomie de pensée, tandis qu’un nombre indéterminé de sectes font exception en proclamant l’intolérance de leur dogme.

Temporel et spirituel

La religion musulmane paraît davantage ancrée dans le dogme, ce qui peut amener certains de ses membres à proclamer la fusion état-Islam. Cette vérité auto-proclamée est inscrite dans des textes également « sacrés ». La définition de la vérité dépend du contexte dans lequel elle s’affirme. Au Maroc le roi est le commandeur des croyants et la place de la religion est inscrite dans la constitution. Le temporel se trouve  ainsi associé au spirituel. L’état, représentant d’une contrainte sur les personnes et sur les biens, peut exercer son pouvoir dans l’église et à travers l’église. Ce dispositif est le cadre dans lequel peut s’exercer l’intolérance.

Un centre intolérant partisan du judaïsme

A la fusion état-Islam répond la fusion pétrole-sionisme-capital. Le mur entre la Cisjordanie et Israël a les mêmes promoteurs que ceux qui opèrent entre le Mexique et les états du sud des USA. L’idéologie dominante soutient le discours xénophobe et le port de la kippa. La place de la religion juive a changé de nature avec la création de l’état d’Israel. Le lien état-Judaïsme se trouve confronté aux constructions basées sur le lien état-Islam. La compréhension des mécanismes qui se mettent en place dans cette confrontation est difficile. Elle nécessite la prise en compte d’un lien indéfectible entre les États Unis et la population juive, un lien basé qui n’est pas basé sur des questions religieuses mais sur des intérêts économiques.

On retrouve cette alliance dans les formes de gouvernement les plus réactionnaires. L’église est l’alliée du pouvoir sous la dictature de Franco comme sous celle de Pinochet, et elle entretient des rapports étroits et privilégiés avec le pouvoir dans toutes les royautés. Partout où cette alliance domine, l’église peut imposer ses règles héritées d’un ordre ancien. Pour l’Occident l’âge d’or de cette alliance est le Moyen âge. C’est une configuration dans laquelle l’église peut mener une action intrusive auprès de ses fidèles en s’affirmant comme la garante de la sauvegarde des âmes. Cette prérogative lui permet d’user de la confession pour mener ses investigations et d’allumer les bûchers de l’inquisition pour les déviances les plus graves. Elle exerce un contrôle particulièrement puissant en détenant le monopole de l’éducation. Toutes les églises contemporaines vivent dans la nostalgie de cet ordre ancien.

Les économies qui ont connu un développement économique issu de la révolution industrielle ont laissé une place à l’église qui définit la contribution du travailleur comme une valeur morale. Toutefois, en revendiquant ses droits la classe ouvrière a donné à l’église la place qui revient au spirituel et imposé la laïcité. Le rôle de l’état comme responsable de l’enseignement dans une société laïque a pu émerger.

Les pays victimes de la colonisation ont subi une dégradation de leurs structures qui les a maintenus dans une situation de dépendance, ne leur laissant souvent pas d’autre rôle que celui de réservoir de main d’œuvre et de matière première. C’est cette déstructuration au profit des pays du centre qui explique qu’un grand nombre de zones de la planète n’aient pas connu un développement autonome et soient restées dépendantes du pouvoir financier. L’aspiration au retour à un ordre ancien peut prendre une forme extrême et prendre le fanatisme religieux pour support. 

La religion donne le spectacle d’une confusion supplémentaire

L’église et l’armée ont longtemps été les deux seuls promoteurs de spectacles avec pour cadre l’église pour y représenter des messes ou la rue pour le défilé militaire. Le sabre et le goupillon tentent de se partager la scène et refusent la concurrence.  Les jacqueries et les défilés des organisations ouvrières se sont invitées à la fête. Dans la gamme des spectacles de rue, la procession peut elle aussi avoir du succès et elle peut faire partie du folklore. Avec la mondialisation la religion se confronte aux réalités du monde. La hiérarchie de l’église, quelque soit l’obédience peut se réfugier dans la majesté de son élévation spirituelle et se fermer au monde. Elle peut se draper dans un fondamentalisme, il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Pourtant elle a perdu le monopole du spectacle. Le capitalisme barbare lui a laissé une place qui lui permet de s’indigner d’un égoïsme forcené. Elle en est pourtant partie prenante et elle apparaît chaque jour davantage comme une institution réactionnaire constamment dépassée par des forces nouvelles. Elle essaye encore de s’affirmer comme la seule institution capable de détecter un miracle, mais elle a conscience d’être guettée par le ridicule. Elle cherche des recours en s’éparpillant à travers différentes sectes. Elle se travestit et elle se donne en spectacle comme une vieille dame revêtant le costume d’une midinette, mais le spectacle qu’elle offre, le discours qu’elle produit, ne font qu’ajouter de la confusion à la confusion.

Un fichier sécurisé pour nos mots de passe

Combien de mots de passe devez vous mémoriser?  Si vous faites le compte cela finit par faire beaucoup. J’ai pratiqué la grande feuille et les cartes de visite.  Les petites cartes de visite offrent l’avantage de pouvoir ne garder à portée de main les seuls mots de passe indispensables. La multiplicité des supports présente l’avantage de répartir les risques,  par contre il m’est arrivé de dupliquer un mot de passe et de ne plus savoir lequel était le bon. Finalement stocker les mots de passe sur un support numérique m’a semblé présenter les meilleures garanties.

Ensuite il ya le choix de l’appareil utilisé et par la même un choix entre Windows, IOS, Android … le fichier lisible sous tous les supports risque également d’être celui qui n’aura pas la vertu de confidentialité recherchée. Au bout du compte Windows m’est apparu comme le plus approprié,  c’est encore le système d’exploitation le plus répandu et le fichier texte c’est encore ce qu’il y a de plus simple.

J’ai ensuite testé une application de cryptage en javascript mais Le test a révélé que certains caractères n’étaient pas traités, fâcheux pour mes mots de passe. D’autres programmes plus sophistiqués offraient de meilleurs garanties, mais j’ai poursuivi mes recherches du clé en mains.

7zFM est gratuit. Il me semble correspondre à ma problématique :

Télécharger sur le site 7-zip.org

Le casse du siècle : la société du selfie

 (de la société du spectacle à la communication intrusive et auto-proclamée)

ISBN  9782953281767 

La société  de consommation

En 1968 la société de consommation est dénoncée par une jeunesse qui manifeste son refus d’une aliénation  et son refus devant la perspective d’une vie dont la monotonie se résume par les termes « métro, boulot, dodo ». 

Une différence essentielle dans l’attitude contemporaine est une totale soumission et l’absence d’esprit critique, tout au moins de raisonnement construit et organisé permettant à la jeunesse d’envisager une contestation des instruments de sa domination. Cette expression existe, mais elle est peu construite et ne semble avoir d’autre but que de signaler un malaise, un mécontentement, sans autre objectif que de communiquer une prise de position aux “amis”, une façon de se valoriser en mettant en scène son mécontentement. Tout au moins en France on reste dans la cour de recréation, tandis que les forces de répression qui s’exercent dans des pays moins nantis sont beaucoup plus sévères à l’égard de populations qui ne disposent pas des mêmes moyens d’expression et qui combattent pour leur survie.

Le spectacle politique

L’affaire

Un exemple récent de cette dérive est selon moi l”affaire” qui reprend du service en ce mois de septembre 2018. Si l’on peut s’inquiéter sur la façon dont le président choisit ses gardes du corps et assure leur promotion, on peut se demander comment il est possible de gonfler une bavure au point de la qualifier d’”affaire”. Si l’affaire Dreyfus est inscrite dans l’histoire, c’est surtout l’indigence de la pensée politique qui me semble constituer une affaire. Sur la gravité des faits j’ai visionné une vidéo assez confuse. A moins que j’ai loupé quelque chose je n’ai pas trouvé là matière à m’indigner. Sauf erreur l’”affaire” remonte au 1er mai, et si on peut légitimement s’indigner de toute brutalité policière et du fait qu’un président admette ce type d’individu dans son entourage proche, c’est surtout la focalisation sur l’événement qui selon moi pose question. Il ne s’agit pas d’information mais de la culture d’un marronnier que l’on a fait croître avant une trêve durant la pose estivale, pour la reprendre avec entrain en septembre. Lorsque la justice intervient sur des affaires qui mettent en cause le pouvoir politique la chanson est toujours la même. La justice n’est pas indépendante du pouvoir politique qu’il s’agisse de Christine Lagarde ou de Bernard Tapie.

Les rappeurs suivent l’exemple Benalla

En comparaison d’autres affaires (Tapie ou Lagarde) pour Benalla les enjeux financiers sont faibles, inexistants si l’on fait une comparaison. L’enjeu porte sur sa proximité avec le président, mais surtout c’est l’image filmée qui fait recette et tient lieu de réflexion et toute image qui fait recette trouve des émules. Pour quelques points supplémentaires de notoriété des rappeurs se sont affrontés à l’aéroport d’Orly à un moment où la scène médiatique était déserte en cet été 2018.

Des larmes médiatisées 

 Le ministre qui met en scène sa démission et ses larmes remporte un franc succès après avoir organisé la mise en scène de sa déclaration d’impuissance à la radio puis à la télévision. Séquence émotion comme au bon vieux temps d’Ushuaia. Pourtant si l’on fait une analyse minimum de la situation de l’écologie, on sait bien que le mécanisme est mondial et sans doute irréversible. Il n’est pas besoin de prendre des fonctions de ministre pour en avoir conscience. Le professionnalisme et la maîtrise de la communication me paraissent indéniables. La démission trouve un écho favorable chez ceux qui quelques semaines auparavant se moquaient de son impuissance. La démission intervient au moment précis où Monsieur Hulot termine ses vacances et alors que la rentrée politique s’annonce difficile. Quand le pouvoir politique a voulu s’accorder la caution d’une présence médiatique,  il ne peut que s’incliner devant les préséances imposées par la société du spectacle et celui qui part n’est pas un traitre, mais il reçoit un label de victime.

Sinon les émissions Ushuaia c’était très bien, avec un déploiement matériel qui n’avait rien d’écologique mais qui permettait une descente au fonds des océans ou des envols vertigineux depuis le canapé du salon . Et puis il y avait déjà une séquence émotion, le journaliste n’a pas oublié ses bases. Le problème c’est qu’en politique “boys don’t cry”.

La posture médiatique aura permis pour un temps de faire oublier les combines et les gesticulations de tous les prétendants au pouvoir sur le créneau écologie. Le départ médiatisé offre un bouc émissaire porteur de confusion et d’impuissance. . Il laisse la place à un successeur offrira toutes les garanties attendues pour ce ministère : la langue de bois.

Un suiveur sur le créneau médiatique

Avec également un très grand professionnalisme, Stéphane Bern a eu des velléités de profiter lui aussi de l’aubaine, mais ses intérêts et son naturel de courtisan l’ont rapidement éloigné de ce parcours.

Ces petites manœuvres ne resteront pas durablement dans l’histoire. Le problème c’est qu’alors qu’elles ne sont que des annexes de la presse people, elles occupent le devant de la scène.  Bien qu’une partie de la presse continue à  se présenter comme le dernier rempart pour une information résultant du travail de véritables professionnels, l’ensemble des médias se soumet à un mouvement dans lequel la posture est privilégiée au détriment d’un recul par rapport à l’événement. Là encore les enjeux du marché sont privilégiés.

Le 13 septembre 2017 Stéphane Bern était mis en garde à vue pour avoir montré ses fesses sur une place publique. Il récidivait après un premier exploit consistant à se faire pincer les fesses par un autre amuseur publique, cette fois là sur un plateau de télévision. Lorsque tout est bon pour attirer l’attention le pouvoir devient indigne de considération. A force de flatter les citoyens il devient méprisable.

Un dosage médiatique nécessaire 

Cette évolution vers la politique spectacle n’est pas apparue spontanément, c’est une évolution continue qui a connu des moments plus ou moins intenses. Sarkozy a réussi à apparaître comme le champion toutes catégories, mettant complaisamment en scène sa vie privée. Les effets de l’action politique étant limités quelques soient les partis, il faut en faire beaucoup pour détourner l’attention, mais avec le dosage approprié. Le président normal qui a succédé à Sarkozy s’est bien livré à quelques pitreries sur son scooter mais c’était du travail d’amateur.

À l’échelle d’une nation le peuple fonctionne comme une entité dotée d’une conscience et d’une émotivité. Ses réactions sont celles de son vécu. Lorsque les débordements du bling bling lassent le peuple évoque avec nostalgie l’époque où le général De Gaule incarnait des valeurs passées de mode : la dignité et l’honneur. Il fait un retour vers la « normalité » puis il s’en lasse.

Privilégier l’effet d’annonce

La réalité du pouvoir c’est la difficulté à modifier le réel quand les mécanismes économiques et sociaux sont difficiles à maîtriser. Une dérive qui n’est pas nouvelle consiste à surévaluer les possibilités de réformer et à privilégier l’effet d’annonce pour donner une illusion d’efficacité. Avec un dernier gadget consistant à évaluer des résultats le ministre de l’environnement aurait pu tout aussi bien être démissionné depuis longtemps. Lorsque l’évaluation est réalisée dans le domaine politique elle est fausse par nature, parce qu’elle est politique. Elle pourra être annoncée, c’est tout.

Une vision naïve et infantile du monde

Je suis l’actualité et j’ai en tête le scénario. Il y a quelque chose qui ne va pas quelque part, quelque chose de choquant, mais j’ai des difficultés à situer avec précision ce qui est choquant. Le problème n’est pas que Monsieur Bern montre ses fesses, le problème c’est qu’il lui soit confié des responsabilités politiques. Vraiment ses fesses sont charmantes, mais patrimoine mon cul me semble la seule réponse adaptée à une démarche dans laquelle je crois comprendre que ses pitreries sont destinées à marquer un désengagement de l’etat par un soutien à des initiatives privées.

Le citoyen naïf

Si la personnalisation du pouvoir et la complaisance font aujourd’hui partie intégrante de la vie politique, elle renforcent une vision naïve et infantile du monde dans son ensemble. Le citoyen naïf croît aux promesses électorales et c’est là le moindre de ses défauts. Lorsqu’il s’agit de remporter une élection les candidats font des promesses dont ils doivent ensuite se souvenir. Quand l’électeur fait le bilan des promesses et dès résultats il n’est pas surprenant qu’il soit souvent déçu. Ce qui m’inquiète c’est l’ampleur de sa déception. A t’il vraiment écouté les promesses qui lui ont été faites ? Est-il conscient de l’importance des changements que réclament certaines d’entre elles ? Par son ampleur la réaction ressemble plus ou moins à celle d’un enfant qui n’aurait pas reçu le jouet attendu de la part d’un parent. Là encore il y aura des opportunités à saisir : quand le marché passe en faveur de ceux qui démissionnent c’est l’occasion pour tous ceux qui veulent accrocher  la lumière des médias de crier haro sur le baudet.

OuLiPo

Le numérique offre des supports pour produire des écrits des photos et des films. Gagner de l’argent tout en utilisant des technologies qui permettent une diffusion massive est le casse-tête auquel les producteurs ont dû faire face.
En ce qui concerne le livre, présenter des livres à l’aide de ces nouveaux formats a paru suffisant pour que l’on parle de livres numériques. Dès l’instant où un livre est présenté sous ce format ou bien même dès l’instant où le mode de diffusion emprunte la voie du commerce en ligne on parle de livre numérique.
Le livre numérique n’offre aucune qualité supérieure par rapport au livre papier. Il aura même une qualité très inférieure le jour où il sera mis à la disposition du lecteur avec une durée de vie limitée comme c’est déjà le cas pour les cartes marines diffusées par quelques margoulins du net … Je garde précieusement mes livres et mes cartes en papier. L’odeur est détestable, mais la décision de leur obsolescence m’appartient.
Parler de livres numériques résulte de diktats imposés par des entreprises en situation de quasi monopole. Ces entreprises utilisent une position dominante pour rentabiliser au mieux un marché. En ce qui concerne la littérature, celle-ci se trouve aujourd’hui lourdement apauvrie quand le souci premier n’est plus la qualité ou l’orignalité d’une oeuvre mais sa capacité à faire le buzz et à générer du chiffre d’affaires. Dans cette opération l’auteur est le parent pauvre quand sa part ne dépasse pas 6% du prix du livre :
Editions Humanis : “Combien gagne un auteur ?”

En 1960, l’OuLiPo, “”, fondé par Raymond Queneau et François Le Lionnais, se confrontait à la recherche de nouveaux langages, à une nouvelle façon de concevoir
la littérature : Ouvroir de Littérature Potentielle
Même si c’est un peu court, il semble que la division du travail a abouti à une spécialisation dans les tâches qui condamne le mélange des genres. La production de jeux et de programmes débouchant sur un marché se fait dans un cadre qui est celui d’une spécialisation par produits et par pays.
Y a-t-il encore une place pour une nouvelle façon de concevoir la littérature ? La réponse que j’apporte sur cette question n’est pas un discours sur le concept, mais la mise en ligne d’un travail patient et de longue haleine.

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Le temps des copains

Entre copains du Lycée Naval de Brest on se faisait des plaisanteries sur le thème de notre futur mariage. L’une était : le jour où tu te marieras je t’enverrai mes vœux sur un rouleau de papier cul. Dérision par rapport à l’institution mais aussi pour prévenir les traîtres qui auraient voulu s’affranchir d’une démarche dans laquelle les filles n’étaient là que pour nous permettre de faire la démonstration de nos talents de séducteurs. Les pages du web à la longueur indéfinie sont marquées pour moi de cette image de papier cul et c’est pourquoi j’ai écrit mes programmes pour afficher des numéros de pages qui permettent d’avoir des pages à la dimension de l’écran. Il se trouve que ce n’est pas bien compliqué et que l’algorithme est très court.

Relevé bancaire et Facebook

Il y a également un point sur lequel j’ai longuement médité, que vous avez tous constaté, mais sur lequel j’insiste ici parce qu’il a des effets sur notre façon d’écrire : “Le récit sur Facebook c’est maintenant”. On ne commence pas l’histoire par le début mais par l’événement actuel. C’est le même modèle que pour un relevé de banque : on commence par lire les opérations les plus récentes. D’ailleurs si je raconte une navigation ma première page concerne l’escale la plus récente. Pour l’événementiel la logique consiste à commencer par la fin. La problématique est sans doute différente pour raconter une histoire.

Deux raisons d’apprécier Facebook

Facebook est intrusif mais aujourd’hui incontournable. Pour moi il y a tout de même deux raisons qui en font l’intérêt :

– Les posts sur des pages que je n’aurai pas consulté par moi même.

– Les posts d’amis proches qui me donnent de leurs nouvelles où qu’ils soient dans le monde.

Au moins quatre raisons pour ne pas aimer Facebook

– La première raison est liée à la gratuité. Pour ses propriétaires le flux des messages de notre belle assemblée d’amis, ce sont des meta-données, c’est la matière première qui alimente grassement leurs comptes bancaires.

– Le nombre de citations non vérifiées, de formules censées révéler de grandes vérités, d’informations fausses ou biaisées.

– Les posts d’informateurs spécialisés. Je sais que pour la plupart chacun de mes amis est spécialisé sur un thème : humour, défense des animaux, surf, voile, peinture. Il y a les thèmes qui m’intéressent et les autres. En général mes amis ne sont pas trop cons … j’en garde seulement quelques uns dans cette catêgorie pour voir jusqu’où ils peuvent aller ! 🙂

-L’intrusion dans la vie privée, la version moderne des cancans de nos villages. Pour ma part si ne me sens pas concerné par la question c’est parce que ma démarche est bien plus orgueilleuse : je m’adresse au monde puisque j’ai ma place sur le web à la lettr g pour Grainsalt, juste derrière Google. Comment ai-je obtenu ce résultat ? J’ai beaucoup fumé la moquette. Pourtant si vous tapez “roman interactif” vous verrez apparaître mon site Grainsalt.com dans les premières pages … uniquement si vous êtes en France. Si vous tapez “interactive nouvel” aux US vous verrez apparaître des sites qui proposent des pastilles pour la toux. C’est le résultat du référencement dit “naturel” : je ne travaille pas sur mon référencement et je ne paye pas mon référencement. Je sais seulement qu’il y a des pros dont c’est la spêcialités pour occuper le moindre espace sur la toile.

Duolingo

Plus orgueilleux que moi tu meures ! Non seulement je n’ai pas conçu mon site pour m’adresser à mes compatriotes mais je l’ai conçu pour m’adresser au monde ! Je ne sais pas pour vous, mais pour moi la toile c’est la découverte de la modestie. J’ai abandonné des pages en chinois et en arabe. Écrire prend du temps, traduire aussi, même avec Google-translater. Je peux faire des traductions en anglais, j’ai abandonné l’allemand que j’ai appris à l’école puisque je parle anglais avec les allemands et j’apprends l’espagnol avec un outil que je vous recommande : Duolingo. C’est simple, surtout avec une tablette, et c’est gratuit. Sinon cela devrait être remboursé par la sécu pour les effets positifs sur les neurones.

Choisir son cadre pour écrire

J’ai commencé sur le tard et avec la conscience de la difficulté de l’entreprise. Dans mon travail de prof j’ai travaillé sur l’économie le droit et la gestion, mais j’ai choisi l’informatique. Lorsque j’ai trouvé du temps pour écrire je me suis intéressé à la forme avant de m’intéresser au fonds. Je peux dire qu’aujourd’hui j’ai abouti à une conclusion sur ce qui n’est pas un détail selon moi. J’ai fait le tour de mon sujet. Comment ai-je pu passer autant de temps sur la question ?

D’abord parce que je n’avais aucun compte à rendre pour m’offrir de longues pauses. Ensuite parce que ce domaine est celui de l’excellence (encore de l’orgueil) que les génies atteignent immédiatement (faux car les langages évoluent et il faut recommencer) tandis que les autres effacent et recommencent.  Si j’ai beaucoup effacé j’ai aussi progressé.

Écrire dans le durable.

Il n’est plus nécessaire d’écrire quinze pages de programme pour faire bouger la souris. Les ordinateurs tournent plus vite. Les langages sont plus puissants. Ce qui change c’est :
– Un accès à l’autoédition
– Une écriture qui peut viser à l’international
– Une écriture qui peut intégrer des démarches ludiques, pas uniquement des jeux basés sur le graphisme mais des textes, des images et ce que le papier ne peut pas apporter : l’interactivité .

Écrire sur WordPress

J’aurai pu collaborer au travail de développement de Facebook. Je suis trop orgueilleux pour cela. Bien sûr personne ne m’a suivi pour développer Grainsalt, bien sûr je n’ai rien demandé. J’ai choisi mon chalenge.
Je me suis trop intéressé à mon sujet pour consacrer du temps à WordPress. Entre mon site Grainsalt et WordPress la différence est que je suis l’homme orchestre (webmaster-développeur-photographe-graphiste-écrivain) seul maître à bord sur mes pages, tandis que WordPress est une application professionnelle ouverte à tous. Toutes les contributions sur les thèmes de l’actualité et de l’écriture y sont les bienvenus.