Ce n’est que du matériel … sous-entendu je suis bien au dessus de ces contingences, la question ne mérite pas que l’on s’y attarde. Et voila que nous nous attribuons une promotion, que nous nous déclarons de purs esprits bien au dessus de misérables contingences. Les usines c’et bon pour les pays émergents, nous posons nos mains blanches sur le clavier et nous nous inquiétons des délais de livraison. Si cet effort pour produire les objets du quotidien peut sembler lointain, il n’est pas motivé par une démarche philanthropique et il serait absurde de croire que cette situation est immuable, tandis que nos chantres du marketing ne cessent de nous susurrer que nous devons céder à nos envies. Mais ceci est une autre histoire, le sujet du jour est particulièrement trivial.

Si le sujet est trivial, il n’en a pas moins sa place parmi les rubriques consacrées à un voilier. Passons sur les considérations freudiennes relatives aux rapports que l’argent entretient avec d’autres matières, la question des W.C. prend une importance particulière sur un bateau puisqu’elle porte sur deux points essentiels : la sécurité et l’économie d’énergie. A cela il faut ajouter le respect des conventions sociales.
Sécurité : à une certaine distance des côtes les conventions sociales disparaissent, mais il serait tout de même regrettable de tomber du bateau pour avoir simplement satisfait un besoin naturel. Par contre les dispositifs destinés à assurer un confort à bord nécessitent que l’on fasse passer des tuyaux à travers la coque ce qui met également en jeu la sécurité.
Energie : actionner la pompe n’entraine aucun recours aux batteries. Cela a bien fonctionné, mais la pompe est devenue de plus en plus inefficace. Il fallait remplacer. J’ai donc investi dans une « waste pump ». Je n’avais pas à changer le tuyau de 25 qui amène l’eau de mer, mais j’ai du modifier le circuit du tuyau de 38 qui part du WC. Le chantier étant lancé j’ai mis en place le réservoir eaux noires pour me conformer aux normes européennes.

Mais conserver la cuvette existante résout mal le problème. D’une part tous ces tuyaux apparents font désordre, d’autre part la distance entre le WC et la pompe provoque des retours ce qui oblige à pomper davantage. Il m’a donc bien fallu investir dans le WC électrique « made in Taiwan ». Démontage de la pompe :

Et comme le moteur du nouveau WC pourvu de ses 65 pièces étincelantes d’innovations augmente la profondeur de l’objet, me voici contraint d’agrandir le socle destiné à le recevoir. Attention on est à bord d’un bateau Découper du contreplaqué ne suffira pas et je prévois une nouvelle étape consistant à appliquer la résine :

Je ne fais pas le décompte du temps passé. Si je m’en tiens uniquement au prix des pièces :
WC électrique : …………………… 291
Réservoir eaux noires : ……………179
Connexions pour réservoir : ………. 70
Tuyau de 25 : ………………………..16
CP 12 mm colle vis …………………..25
Total : ……………………………….581
Je n’ai pas compté la résine. La pompe broyeur à 153€ servira ailleurs, mais cela confirme mon propos sur la nécessité de ne pas traiter les choix matériels de façon superficielle, puisque même en faisant attention … Ayant démontré la justesse de l’analyse freudienne, apprécions les bienfaits du confort moderne. Ylang Ylang va bientôt disposer des deux systèmes, l’un avec la pompe à main traditionnelle et l’autre avec un moteur électrique tout neuf. Dès qu’elle sera terminée je ferai figurer les photos de cette magnifique oeuvre d’art.
C’est tout de même plus sympa de ne pas avoir à expliquer le maniement de la pompe en guise de discours d’accueil.
Bienvenue à bord !
…